| DOSSIERS |
 |
|
 |
|
 |
|
 |
|
 |
|
 |
|
 |
| DOCUMENTS |
 |
|
 |
| ARTICLES |
 |
|
 |
|
 |
|
 |
|
 |
|
 |
|
 |
| NOUVEL ÉDUCATEUR |
 |
|
| LECTURES |
 |
|
 |
|
|
|
|
Depuis plusieurs années, notre modèle de société se calque de plus en plus sur celui de nos amis d'outre Atlantique.
Le système scolaire et les modes d'éducation ne font pas exception à la règle.
La pédagogie Freinet en a subi ainsi un détournement de sens chez certains parents et enseignants.
On voit grandir de plus en plus ce vent de défiance vis à vis des enseignants .
Alors que les récentes directives prises par nos responsables politiques (le Conseil de participation, par exemple) tentent de rapprocher les différents membres d'une communauté scolaire, la réalité vécue au quotidien au sein de nos classes nous éloigne de cet idéal.
Dans cet ouvrage, Christiane Olivier, nous donne certainement quelques pistes de réflexion.
En effet combien de fois la parole d'un enseignant n'est-elle pas mise en doute par rapport à celle de l'enfant; combien de fois ne sommes-nous pas confrontés à cette difficulté que l'enfant a de vivre sa frustration, de supporter une contrainte, ... ?
La lecture de cet ouvrage permet entre autres choses, d'éclairer l'indispensable collaboration qui devrait exister entre parents et enseignants au sein de la communauté éducative ainsi que l'absolue nécessité de rester chacun dans son rôle éducatif.
Olivier Magos
|
|
Enfants-rois plus jamais ça !
Christiane Olivier
La tolérance des parents ne fait pas forcément le bonheur des enfants. A force de vouloir leur éviter frustation et mécontentement, les parents font de leurs enfants de véritables tyrans qui ne supportent plus la contrainte et réagissent, face à la contrariété, par l'agressivité et la violence; un phénomène qui s'aggrave avec l'âge.
A partir de nombreuses situations quotidiennes, de la petite enfance à l'adolescence, Christiane Olivier, psychanalyste, souligne l'indispensable fermeté des parents vis à vis des enfants, dès les premières années. C'est entre deux et quatre ans, explique-t-elle, qu'ils acquièrent le respect de l'autorité, apprennent à accepter les contraintes et peuvent s'habituer à la discipline. Or, c'est précisément à cet âge, où ils nous semblent " si mignons ", qu'on leur cède tout aujourd'hui. Le résultat, le voici : les enfants deviennent épouvantables et seront des adultes malheureux.
|
|
Interview publié dans Le Ligueur
|
...
Je voulais pousser un coup de gueule, ce que je fais rarement (...).
Je suis horripilée de vivre dans une société où les enfants dirigent leur famille.
Cela commence par 'Je refuse la nourriture de mon assiette', cela continue avec 'Je ne mets pas ces chaussures' ou "Je ne m'habille pas pour aller à l'école', cela se prolonge avec 'Je veux regarder la télé' ... C'est sans fin. En vingt-cinq ans, le pouvoir s'est totalement inversé. Les parents se donnent pour seule mission de satisfaire leur enfant. Cela pourrait marcher s'il n'y avait pas l'entrée à l'école, car la maîtresse n'a pas pour but de satisfaire ses élèves!
Avant cette étape, les parents croient que tout va bien : entre 2 et 4 ans, leur enfant leur semble 'si mignon', 'si gentil' ... et encore 'si petit' pour ranger ses affaires, pour dire bonjour à la dame, bref pour accepter les contraintes. Quand, à ses 4 ans, ils lui tombent enfin dessus - 'Range tes jeux', 'Dis bonjour à la dame' ...-, il est soudain trop tard.
Il faut, me semble-t-il , faire basculer l'édifice qui a tout bouleversé au milieu des années 1960. Cet édifice se base sur deux principes. Un : "Il est interdit d'interdire'; mais comment voulez-vous éduquer un enfant si vous n'avez pas le droit de le reprendre, si vous avez juste le droit de l'aimer ? Deux : 'L'enfant est une personne'; depuis cette fameuse phrase, les parents se sont mis à traiter leur enfant comme une grande personne, alors qu'il n'est pas grand, lui demandant tout le temps ce qu'il veut, ce qu'il ne veut pas, le consultant pour un rien, négociant sans arrêt avec lui. Or, un enfant n'est pas capable de jauger toute situation et, de là, de choisir ou de prendre une décision. En fait, il décide en fonction de ses désirs. Il croit, mais surtout ses parents lui font croire, en la toute-puissance de ses désirs sur les leurs.
(...)
Extrait des propos recueillis par Martine Gayda, publiés dans Le Ligueur du 18 juin 2003.
|
|
|