Le Lego-logo et la construction de concepts mathématiques |
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(Cet article est la transcription de la conférence proférée durant la semaine du LOGO de 1991 à Brangança et publié dans ses actes)
Le Logo est un langage de programmation qui a gagné au long des dernières années une place spéciale au sein du système éducatif. Quelques-unes de ses potentialités ont été utilisées intensément par des élèves de différents âges, mais surtout par les plus petits au niveau international.
Très marqué par la géométrie de la tortue, facette plus populaire dans la communauté éducative, et héritier des langages liés à l’intelligence artificielle, notamment le LISP, le LOGO a démontré une capacité d’évolution et d’adaptation aux nouveaux contextes éducationnels.
Plusieurs instruments ont été délinées et construit à partir du LOGO, tout en gardant sa philosophie. Nous pouvons ainsi mentionner "Logo.Geometria", développé par Eduardo Veloso, Interdim, programme qui permet la représentation en perspective d’objets tridimensionnels à partir d’une tortue qui simule le mouvement dans l’espace, élaboré par Jean César en France, et le TC LOGO, thème de la présente conférence.

TC LOGO est une version du langage Logo qui permet la réalisation d’activités en micro-robotique utilisant pour cela les modules Lego bien connus par les enfants et commercialisés sous le nom de Lego Technics incluant des senseurs, des moteurs et des ampoules, et, bien sur, toutes les autres pièces habituelles : roues, roues dentées, plaques, axes, pièces de liaison, fils électriques et les briques de base Lego.
La liaison établie entre le monde Lego et le monde Logo fut certainement facilité par les trais communs identifiables aussi bien en ce qui concerne caractéristiques que des objectifs. Le caractère modulaire des deux et la préoccupation pédagogique commune ne sont que deux aspects importants.
Matériellement, l’interaction entre l’ordinateur, équipé du TC Logo, et les pièces Lego, se font par moyen d’une interface par où passent, d’un côté, les commandes qui allument est éteignent les lampes et les moteurs, qui invertissent le sens des derniers, qui régulent la potence, et où dans l’autre sens, passent les informations captées à l’extérieur, par moyen des senseurs optiques (registrant des variations brusques d’intensité lumineuse) et des senseurs de pression (sensibles à la force exercée)

Le TC Logo contient toutes les primitives nécessaires à ce type d’actions, ce qui le fait différé des autres versions Logo. Plus particulièrement en relation au LogoWriter, la version la plus utilisée au Portugal, les grandes différences résident dans les primitives inclues (celles qui se reportent aux formes et à la couleur n’existent pas en TC Logo, qui par contre, possède des primitives pour contrôler l’extérieur), dans l’espace d’action (Le LogoWriter occupe l’ordinateur comme espace privilégié de l’action alors que le TC Logo commande e détermine les actions dans un espace extérieur à l’ordinateur) et encore dans la simultanéité des différentes actions dans le temps. Alors que le LogoWriter ne permets pas d’actions simultanées dans le temps, le TC Logo n’y s’oppose pas. Le contage du temps à partir d’un certain instant, continuera, par exemple, indépendamment de la réalisation d’autres actions qui correspondent à l’effectivation d’autres commandes.

Au long de l’année de 1986, un groupe d’investigateurs du MIT annonça à la communauté éducative l’élaboration d’un système qu’ils donnèrent le nom de Lego/Logo, ayant comme philosophie de base les aspects suivants :
Quand a son insertion dans les programmes, il était espéré que ce nouvel instrument pourrait viabiliser :
Les expériences réalisées entre-temps ont permis aux auteurs du programme d’annoncer les conclusions qui confirment quelques-unes des suppositions à priori :
C’est durant la semaine Logo de 1989 que, au Portugal, est présenté pour la première fois aux professeurs, le système Lego-logo et son support logique, le TC Logo, au long d’un atelier de travail.
En janvier de 1990, les élèves de troisième (8-9 ans) de l’école Voz do Operário commencent à utiliser dans leur classe le Lego-Logo. Il s’agit d’une classe de 17 élèves qui avaient déjà beaucoup travaillé avec le LogoWriter. Peut-être du au fait que leur ordinateur n’a qu’un écran monochrome (vert) et qu’il est dépourvu de son, les enfants n’ont jamais démontré beaucoup d’intérêt pour construire des histoires animées, comme dans d’autres classes du même niveau.
Par contre, ils avaient exploré pas mal les primitives SI et SISINON et les conditions d’arrêt dans des programmes récursifs.
Le premier contact avec le TC LOGO n’était pas plus qu’une comparaison de possibilité, de ce qui avait de semblable et de différent, vis à vis du LogoWriter. Les élèves fusèrent des petites expériences avec des ampoules et des moteurs, branchés directement sur l’interface. Ils constatèrent que, pour exécuter des projets plus élaborés, il valait mieux suivre les instructions de montage inclus dans les boîtes Lego, vu qu’ils n’avaient l’habilité technique pour faire des constructions livres travaillant correctement.
Le carrousel fut la première pièce a être programmée. Les élèvent gagnèrent l’envie de faire plus, et ils se misent à construire une foire. Nous n’arrivions pas qu’ils acceptent à faire quelques études techniques au préalable. Ils voulurent, exagérant pas mal, reconstruire au détail le monde réel. Ni le matériel disponible, ni les connaissances techniques furent suffisant pour réaliser le rêve.
Après un certain refroidissement, ils retournent aux petites expériences, avec un seul résultat directement pratique : la construction d’un curvimètre permet calculer des distances sur des cartes de différentes échelles. A l’époque ont préparait un voyage à Louvain, pour nous retrouver avec nos correspondants Belges.
L’expérience de l’autre classe de troisième, au cours de l’année scolaire suivante (90/91) montre plus ou moins les mêmes résultats. Les élèves rêvaient de projets trop ambitieux en voulant refaire un monde réel au détail. Après ne pas avoir réussit la construction d’une voiture de police très raffinée, ils essayèrent avec plus de succès, la construction d’un avion qui exécuta un certain nombre d’opérations, comme par exemple, la commande des lampes de signalisation, la rotation de l’hélice et le mouvement du propre avion.
Il faut remarquer que la dynamique de travail de groupe qui naît cette année entre les deux classes, celle qui l’année précédente commença à travailler avec le TC Logo, et maintenant avec 25 élèves, et la classe de 3ième qui entre-temps commence à utiliser le même programme, permit le passage de connaissances d’une façon tout à fait naturelle. Ceci sera encore plus facilité quand nous "découvrirons" une porte entre les deux locaux, à partir de que nous travaillons presque toujours avec la porte entre-ouverte :

Le travail qui suit est le résultat de la passion de quelques élèves de quatrième pour les courses de voitures (Le grand prix Formule 1 de Portugal venant de s’achever). Pour tout ce qui suit nous avons toujours pu compter avec la collaboration de la collègue de 3ième, Dora Paiva et du professeur de gymnastique, António Fonseca e Silva.
Deux semaines avant les vacances de Noël, Pedro et David construisent une installation qui permet de contrôler le parcours d’une voiture et ils essayent de construire un programme qui le fait fonctionner. Les premières tentatives ne vont pas plus loin que :
to corrida
activa 0
ligapor 10
activa 1
ligapor 10
activa "b
ligapor 10
inverte
ligapor 10
desligatudo
end
Ce programme permet essentiellement ouvrir et fermer une chancelle. Quand Hugo et le professeur commencent à aider la programmation, ils proposent joindre un contrôle avec un senseur (sente 7 esperaque [sensor?]) et le comptage du temps parcouru utilisant les primitives relógio et tempo, ainsi que l’impression du temps parcouru. Le programme fonctionne, mais il y a de grands problèmes avec la piste en carton qu’on utilise pour faire la descente des voitures. Les élèves essayaient de maintenir la voiture sur la piste, ce qui était très difficile. Nous promettons une piste plus stable.
Le manuel do TC Logo explique que tempo indique le temps qui décours dès la dernière instruction relógio, en dixièmes de secondes. Donc, quand tempo = 10 nous mesurons 1 seconde, ce qui nous lève à construire la table :
|
tempo |
secondes |
|
10 |
1 |
|
20 |
2 |
|
30 |
3 |
|
35 |
3,5 |
|
40 |
4 |
|
... |
... |
|
tempo : 10 |
|
|
(tempo / 1Ø en Logo) |
|
Le programme définitif, écrit sous forme récursive, aura une phrase proposée par Hugo, pour encadrer l’impression du temps et sera déclenché par une pression sur un senseur de contact relier au canal 7 de l’interface.
|
to corrida |
(début de programma |
|
activa Ø |
(active le canal Ø et |
|
liga |
allume une lampe rouge liée au canal et montée au début de la piste.) |
|
sente 7 |
(active le canal 7 pour un senseur.) |
|
esperaque [sensor?] |
(Attend que le senseur soit touché.) |
|
desliga |
(désactive les canaux actives.) |
|
activa 1 |
(active le canal 1 et |
|
liga |
allume une lampe verte liée au canal et montée en début de piste) |
|
espera 1Ø |
(attend 1 seconde) |
|
activa "b |
(active le canal b qui est relié à un moteur.) |
|
rodad |
(définie le sens de rotation du moteur : vers la droite) |
|
ligapor 7 |
(actionne le moteur pendant 0,7 secondes, pour ouvrir la chancelle) |
|
sente 6 |
(senseur optique est actionné) |
|
relógio |
(initiation du comptage du temps) |
|
rodae |
(invertis le sens du moteur : vers la gauche) |
|
ligapor 7 |
(actionne le moteur pendant 0,7 secondes, pour fermer la chancelle) |
|
desligatudo |
(rafraîchit la mémoire et ferme les canaux non nécessaires) |
|
activa Ø |
(active le canal Ø et |
|
liga |
allume la lampe rouge montée en début de piste.) |
|
esperaque [sensor ?] |
(attends que le senseur optique détecte la voiture |
|
es (se [o carro desceu em] tempo /1Ø "segundos) |
|
|
(écrit la phrase "la voiture descendit en..... secondes") |
|
|
corrida |
(implication récursive) |
|
end |
(fin de programme) |
Pendant les vacances de Noël j’ai l’aide de deux élèves pour construire une piste en bois comme promis. Le schème monté est plus au moins celui-ci :
Après d’avoir essayer la piste pendant plusieurs jours, les élèves cherchent à savoir quels sont les facteurs qui peuvent influencer la vitesse d’une voiture quant elle descend une piste inclinée.
Les hypothèses sont :
|
Plus vite : |
Moins vite : |
|
avec plus de poids |
avec moins de poids |
|
avec les roues plus livres |
avec les roues moins livres |
|
piste plus inclinée |
piste moins inclinée |
|
avec des roues plus grandes (majorité) |
avec des roues plus petites |
|
avec des roues plus petites (minorité) |
avec des roues plus grandes |
|
avec des roues plus fines |
avec des roues plus grosses |
Ce jour-là nous décidions faire la recherche sur l’influence du poids. On effectue cinq essais sans poids additionnel suivi d’autres quatre avec un surplus d’un poids de 1 kg (pour dire vrai, ce sont des dizaines d’essais, vu le nombre de sortie de piste et même d’une destruction partielle d’une voiture au long du travail). Le poids de 1 kg s’impose, vu que avec des poids meneur nous ne détections pas de différences significatives.
Nous obtenons les résultats suivants :
|
sans poids additionnel |
avec poids additionnel |
|
la voiture descendit en 1,8 secondes |
la voiture descendit en 1,5 secondes |
|
la voiture descendit en 1,6 secondes |
la voiture descendit en 1,4 secondes |
|
la voiture descendit en 1,5 secondes |
la voiture descendit en 1,3 secondes |
|
la voiture descendit en 1,4 secondes |
la voiture descendit en 1,3 secondes |
|
la voiture descendit en 1,6 secondes |
Je propose chercher le temps moyen, pour pouvoir mieux comparer les deux groupes de données : "La moyenne pour les valeurs obtenues sans poids additionnel sera-t-elle plus près de 1,4 ou de 1,8 ?" Après avoir dessiné une droite ordonnée et quelque discussion, on se met d’accord que cette valeur sera plus ou moins 1,6. Dans le deuxième cas, ce sera plutôt entre 1,3 et 1,4.
On conclue que la voiture plus lourde descend plus vite que la voiture plus légère. Dans la discussion qui suit, un enfant, fils de chauffeur professionnel, affirme qu’il est plus dangereux de "perdre" les freins d’un camion que d’une voiture ordinaire. Quelqu’un rappelle les sorties d’émergence construites sur des voies rapides en pente.
Les deux classes organisent un concours, basée sur les tables de multiplication, joué par équipe, ayant une partie pratique et une partie théorique. La ponctuation de la partie théorique est simple et vite acceptée. L’épreuve pratique inclue tout le monde dans le jury et chaque équipe donne une valeur, multiple de 10, avec un maximum de 6 dizaines à chacune des autres équipes. Petit à petit, on se construit une table :
|
théorie |
60 |
72 |
101 |
73 |
84 |
92 |
|
groupe / pratique |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
|
1 |
50 |
20 |
40 |
10 |
30 |
60 |
|
2 |
20 |
30 |
50 |
60 |
40 |
10 |
|
3 |
20 |
10 |
60 |
30 |
40 |
50 |
|
4 |
10 |
20 |
40 |
60 |
30 |
50 |
|
5 |
30 |
50 |
10 |
40 |
20 |
60 |
|
6 |
50 |
10 |
30 |
40 |
20 |
60 |
|
total |
||||||
|
moyenne |
Et voilà que l’on discute. La ponctuation de l’épreuve pratique est plus importante que celle de l’épreuve théorique. Je propose le calcul de la moyenne. D’abord, nous cherchons la moyenne entre deux nombres, ce que se traduit par le numéro "au milieu" des deux autres, ce qu’est facile a voir sur une droite ordonnée.
Après plusieurs tentatives on trouve une règle :
Quelqu’un : une addition et une division
Sarah: nous additionnons et nous faisons une division
David Gama : on écrit le premier nº, après on ajoute le 2º numéro, ce que ça donne, on le dévide par 2.
Rui: divisant les deux, additionnant les deux.
Paulo: additionnant les deux nº et nous dévidons par 2.
Pedro: additionnant par deux, dévidant par 2
Tiago: + et ÷
Rita: en dévidant
Sandra: additionnant et dévidant la moitié.
Rodrigo: additionnant les deux numéros et dévidant par 2
Hugo: une somme, une ÷
Rapidement ils comprennent que pour calculer la valeur moyenne d’une série de valeurs, il faut dévider la somme des nombres de la population par le nombre de parcelles.
Ce jour-là nous commencions la recherche sur l’influence de l’inclination de la piste. Bien que nous ayons de nouveau quelques problèmes techniques, nous réussissons 10 descentes acceptables :
|
piste moins inclinée |
piste plus inclinée |
|
la voiture descendit en 1,4 secondes |
la voiture descendit en 1,2 secondes |
|
la voiture descendit en 1,4 secondes |
la voiture descendit en 1,1 secondes |
|
la voiture descendit en 1,6 secondes |
la voiture descendit en 1,1 secondes |
|
la voiture descendit en 1,7 secondes |
la voiture descendit en 0,7 secondes |
|
la voiture descendit en 1,4 secondes |
la voiture descendit en 0,7 secondes |
et nous calculons les valeurs moyennes :
Les briques Lego ne permettent pas la construction d’une voiture où l’on ne change que le diamètre ou l’épaisseur des roues. Les élèves se mettent d’accord faire une voiture où ils mettent des roues épaisses et de grand diamètre, qui ensuite seront substituées par des roues fines et plus petites.
Huit élèves contre sept, pensent que les roues grandes feront aller plus vite la voiture. Ils font dix tentatives par modalité et calculent la moyenne.
Le nombre de tentatives augmenta à dix, quand tout à coup, ils redécouvrent qu’il est plus facile de dévider par 10...
1er essais :
Valeurs avec les roues grandes :
2,2 2 3 2,6 2 3,1 2,2 2,7 2 2 moyenne = 2,38
Valeurs avec les roues petites :
2,2 3,4 2,4 2 2,1 2,3 2,3 2,2 1,9 2 moyenne=2,28

• roues grandes x roues petites
A première vue, après l’observation du graphique, on dirait que la minorité avait raison, bien que les résultats ne convainquent pas vraiment. Quelques-unes des valeurs obtenues avec les roues fines sont pareilles, voir inférieures aux valeurs obtenues avec les roues grosses. Nous décidons faire une deuxième série d’essai plus tard.
Je parle de nos expériences au prof de gymnastique. Nous commençons une série de jeux, pour essayer de comprendre des aspects du concept vitesse, comme relation entre la distance parcourue et le temps nécessaire pour la parcourir.
La première activité faite par les élèves implique l’utilisation d’un chronomètre. Il est amusant de noter que pendant une des activités suivantes avec la piste, il y eut une panne d’électricité. Nous prouvions que le travaille peut être fait avec un chronomètre, n’ayant besoin ni d’ordinateur, ni du TC Logo.
Pendant cette activité de gymnastique, sur la cour, nous mettions des chaises d’un côté et des pneus de l’autre, pour former ainsi un corridor rectiligne entre la file de pneus e la file de chaises.
Les pneus en nombre de 10 comme les chaises totalisant 6 se trouvent à des distances équivalentes. Nous proposons deux jeux.
Jeu 1 : De combien de secondes est que chaque élève a-t-il besoin pour parcourir les dix pneus ou les six chaises.
Jeu 2 : Combien de pneus est que chaque élève arrive à passer en 30 secondes ?
Inês prends note des temps, mais la pluie nous oblige à arrêter avant que tout le monde puisse passer les deux "épreuves".

Au cours de la discussion qui suit, les élèves constatent que :
Pendant le premier jeu, tous ont parcouru la même distance en temps différents ; n’importe que la distance soit exprimée en "pneus" ou en "chaises", la vitesse ne dépends que du temps que l’élève ait eu besoin pour faire le corridor jusqu’a la fin. Après beaucoup de difficultés d’interprétation, les élèves conclurent que plus haut est la valeur du temps, moins est la vitesse atteinte.
Pendant le second jeu, il fut facile de constater que Rodrigo a couru plus de pneu dans le même lapse de temps que Tiago. Donc, plus de pneus passés, plus de vitesse.
Après je leur pose la question suivante : "Si Rodrigo court 67 pneus par 30 secondes, combien de pneus est-ce qu’il court par minute ?"
Un élève répond zéro, et il explique : "Il n’a pas couru pendant 1 minute !"
Quatre élèves répondent 67, en affirment que malgré que le temps soit plus long, Rodrigo n’a pas pour autant passé plus de pneus. Il y a aussi sept élèves qui sont de l’opinion que la réponse doit être 134 pneus, bien que un d’entre eux montre quelques doutes : ... naturellement s’il tombe pendant les prochaines 30 secondes...
On se met d’accord qu’on en reparlera.
Entre-temps, les élèves réalisent une deuxième série d’essais de descente avec roues fines et roues grosses. Pour pouvoir interpréter plus facilement les résultats nous changeons l’inclination de la piste, de façon à ce que les voitures descendent plus lentement.
2ième essais :
Valeurs avec les roues grandes :
2,2 2 2,1 2,3 2,2 2,1 2,2 2,1 2,3 2,1 moyenne = 2,16
Valeurs avec les roues plus fines et petites :
1,9 1,7 1,9 2 1,9 1,8 1,9 1,8 1,9 2 moyenne = 1,88

Maintenant la différence est plus claire et tout le monde concorde qu’a la fin, la minorité avait raison.
Je propose aux élèves d’étudier ce qui se passe dans le cas ou nous augmentons les roues de la voiture.

Les données recueillies ne permettent pas de conclusions très claires. La différence entre les moyennes n’est pas nette, la diffusion des populations est grande. Nous décidons revoir le problème plus tard.
Nous reprenons "la course des pneus". Le problème : "Quelqu’un court 60 pneus en 30 secondes. Combien de pneus est-ce qu’il court par seconde ? Par minute ? Par heure ?"

La discussion montre que la plus grande partie des élèves arrive déjà à faire la distinction entre un événement réel et une expression mathématique associée à cet événement.
La réponse à la question que je lance ensuite se révèle plus difficile à trouver.
"Zélia court 10 pneus en 8 secondes soit 6 chaises en 8 secondes. Quelle de ces vitesses est la plus rapide ?"
La réponse divise les élèves.



Nous devons analyser de nouveau le jeu et je remets en évidence que Zélia parcourut une distance en 8 secondes, bornée par 6 chaises d’un côté et par 10 pneus de l’autre. Alors, oui, la plus part des élèves se rassure qu’il s’agit de la même vitesse, exprimée de façon différence. Une foi d’accord sur ce point, nous partons à la recherche de la vitesse de Zélia, exprimée en pneu/minute ou chaise/minute. Il fallait trouver la relation entre 60 secondes et 8 secondes.
Un des élèves : 8 x 7 n’est pas assez, et 8 x 8, c’est trop !
Moi: Donc, il nous faut multiplier par un nombre entre 7 et 8.
Paulo: Il faut tirer 4 de 8 x 8 pour l’ajouter à 8 x 7.
Vu que ce que Paulo propose paraît du "chinois" pour le reste de la classe, voir pour lui-même, parce-que du coup il ne savait pas très bien ce que faire avec sa découverte, je construis avec eux une ligne doublement graduée, plus ou moins comme :
|
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
8 |
9 |
|||||||||
|
7,5 |
|||||||||||||||||
|
8 |
16 |
24 |
32 |
40 |
48 |
56 |
64 |
72 |
|||||||||
|
60 |
Voilà établie la relation entre une minute et 8 secondes. Le reste leur paraît évident :
Zélia a eu une vitesse de 7,5 x 10 ou 75 pneus/minute ou 7,5 x 6 ou 45 chaises/minute.

Nous reprenons l’investigation sur l’influence du nombre de roues de la voiture. Et, pour la seconde foi, les données ne permettent pas tirer des conclusions très sûr. Les élèves acceptent la conclusion formulée ensemble que nous n’avons pas les moyens pour évaluer se le nombre de roues a une influence sur la vitesse de la voiture. Nous abandonnons cette partie de la recherche.

La visite d’un ami bouscule la classe : il propose étudier ce qui se passe si la voiture est actionnée par un moteur, comment il se meuve en montant ou en descendant un plan incliné.
Avant que l’enthousiasme généralisé nous emporte, je propose faire un point de la situation :

Traduction:
Ce que nous avons fait jusqu’a présent avec le Lego-logo
|
Quoi |
Qui |
Conclusions |
|
1. Expériences avec voiture Lego e piste courte. |
David Gama Hugo Pascal |
Avec une piste courte, les différences de temps étaient minimes. |
|
2. Piste longue - courses : poids (1) grandeur des roues (2) inclination de la piste (3) nombre de roues (4) |
Toute la classe |
Il nous a fallu apprendre à calculer une moyenne (nous l’avons appris à partir de la ponctuation d’un jeu avec la 3ième) Vitesse P > vitesse L (1) Vitesse p > vitesse G (2) Vitesse PI > vitesse MI (3) Pas de conclusions possibles (4) |
|
3. Qu’est ce que c’est la vitesse ? Chronomètre - courir une distance bornée en pneus et chaises |
Toute la classe + António (prof gym) |
Pneus par certain temps ou chaise par certain temps : il y a plusieurs manières pour indiquer une vitesse. |
|
4. Voiture avec moteur. Contrôle de la vitesse quant elle monte ou descend. |
Les interventions pendant la discussion font comprendre que les élèves ont compris le concept de vitesse. Ils ont compris aussi que dans le cas d’une distance fixe, la vitesse est plus grande dans la mesure que le temps utilisé est moins.
Après cela nous avons commencer les expériences avec une voiture a moteur. D’abord les élèves ont cherché la moyenne de la voiture sur un terrain plat, ensuite sur une piste inclinée, aussi bien en montant comme en descendant.

Un peu de programmation Lego Logo permit aux élèves une visualisation graphique de la vitesse instantanée de la voiture. Ils essayèrent de les expliquer.

Après le moment de départ, la vitesse ne change plus beaucoup. Ils arrivent à cette conclusion, en faisant la comparaison de deux crayons de presque la même taille, avec une gomme de presque la moitié de cette taille, pour avoir une meilleure idée du rapport entre les mesures des différentes barres du graphique. Ils conclurent que une voiture avec moteur ne change pas grandement sa vitesse sur un plan horizontal ou légèrement incliné, aussi bien en descendant comme en montant. Il y avait même quelques élèves qui avançaient l’hypothèse que le moteur de la voiture est l’unique responsable pour sa vitesse, freinant la voiture en descendant.
Toutes les investigations sur les facteurs qui influencent la vitesse d’un objet eurent lieu pendant le 2ième trimestre de l’année scolaire de 1990/1991. Nous pensons pouvoir conclure que ce travail a aidé les enfants à mieux comprendre un concept apparemment banal qui est la vitesse d’un objet.
La méthodologie de l’investigation conduite par les élèves sur les facteurs qui ont une influence sur la vitesse d’un objet mouvant, peut être résumé de la façon suivante :

1. Poser des questions
2. Recueillir des données.
3. Analyser les données.
4. Interpréter les résultats.
Les élèves et leur professeur parcoururent les différentes étapes, recommençant de nouveaux cycles à partir des activités d’investigation et d’expériences antérieures.
Le travail ainsi entamé toucha plusieurs disciplines et s’appuya sur des contenus explicités dans le programme de ce niveau de scolarité au Portugal, voir, le programme de mathématique du niveau postérieur comme par exemple pour la moyenne arithmétique.
© Fernando Nunes - Pascal Paulus
Portugal