| la mésange bleutée
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Il était une fois une petite fille qui s'appelait Marie et qui était orpheline.
Elle vivait dans une pauvre cabane en planches.
Le toit de chaume laissait passer l'eau les jours de grande pluie.
Le vent mauvais s'engouffrait à l'intérieur par un carreau cassé et par les fentes de la porte.
Tout près de là, un petit ruisseau chantait sur les cailloux.
Marie était vêtue de pauvres haillons.
Il ne lui restait plus qu'une robe usée et qu'une paire de gros sabots boueux à demi brisés.
Elle ne mangeait pas tous les jours et couchait dans un lit de paille
garni de draps déchirés et d'un couvre-pieds d'où sortait la laine.
Un soir, elle entendit ses compagnes dire que le père Noël devait passer dans la cheminée.
Aussi, avant de se coucher, elle disposa ses sabots près des cendres encore chaudes.
Elle espérait avoir des joujoux et des friandises tout comme les autres enfants de son âge.
Puis elle s'endormit et fit des rêves merveilleux.
Au petit jour, une mésange bleutée, qui venait de se réveiller,
vint par hasard se poser sur le haut de la cheminée.
Elle vit au fond d'affreux sabots, les plus grossiers du monde!...
Ils étaient vides!...
Pauvre Marie !...
La mésange bleutée se rappela que c'était la nuit de Noël
et comprit que le bonhomme Noël ne passait pas chez les petites orphelines.
Elle se dit que Marie aurait bien du chagrin
si elle trouvait ses sabots encore vides à son réveil...
Alors, la mésange bleutée,
ravie de la bonne surprise qu'elle allait faire,
courut avertir ses amis.
Elle reveilla le corbeau Coco Kadubec qui dormait sur la plus haute branche de son vieux poirier .
Ils partirent de compagnie à la recherche des autres bêtes.
Ils rencontèrent Jeannot Lapin qui jouait comme un fou dans les feuilles mortes.
Tout près de là, Roussette la vache s'étirait pour mieux se réveiller.
Ils avertirent encore Doucet le gros agneau.
Margot la pie.
Grignotin l'écureuil et Fouille-Fouilla la petite souris grise.
La mésange bleutée leur raconta ce qu'elle avait vu par la cheminée de la cabane.
Les bêtes, après avoir entendu cela, étaient tout attendries.
La mésange ajouta :
"Vite ! Débrouillez-vous pour trouver quelque chose de bien pour offrir un beau Noël à la petite orpheline !"
Coco Kadubec vola chez l'épicière un paquet de gâteaux secs.
Jeannot Lapin creusa la terre et en déterra un énorme chou.
La souris et les souriceaux fouillèrent dans le buffet et prirent du jambon, de la farine et du fromage.
La maîtresse de Roussette la vache fut bien étonnée de la voir arriver à tout galop
et prendre au bout de ses cornes une paire de beaux sabots tout neufs qu'elle venait d'acheter à sa fille.
Grignotin choisit les plus belles noix rousses qu'il avait gardées pour l'hiver.
Doucet, l'agneau prit un gros paquet de laine qu'on lui avait tondue.
Et Margot la pie alla chercher dans son nid un louis d'or qu'elle avait volé au fermier.
Alors, toute la bande se rendit en coeur à la chaumière.
Jeannot Lapin marchait en tête, roulant devant lui son énorme chou.
Ils souriaient en arrivant à la cabane.
Coco Kadubec descendit sans bruit par la cheminée
et ouvrit la porte aux autres animaux.
Ils entrèrent sur la pointe des pieds
et entassèrent leurs présents près des sabots.
Sur le dessus brillait d'un vif éclat le louis d'or de Margot.
Puis, ils se dissimulèrent dans un coin sombre de la cabane en attendant le réveil de Marie....
Au bout d'un bon moment, quand le jour fut complètement venu, Marie se réveilla.
Elle toussa, bâilla , s'étira et se frotta les yeux.
Elle s'assit dans son lit et sauta à terre.
En enfilant ses haillons, elle se rappela tout à coup
qu'elle avait mis ses sabots dans la cheminée avant de s'endormir...
Elle y courut bien vite.
Quelle ne fut pas sa surprise !
-un louis d'or ! s'écria-t-elle. Pas possible !
Un chou ! Des noisettes ! Des sabots tout neufs !
De la laine ! Du jambon !
Elle n'en revenait pas !
Elle pleurait de joie ! Elle chantait et elle dansait !
Elle riait. Elle levait les bras au ciel.
A ce moment, les bêtes sortirent de leur cachette.
Elles se prirent par la patte et firent une ronde autour de Marie.
Elle leur demanda :
-C'est le père Noël qui vous a envoyés ici ?
-Oh ! oui . Et nous sommes très contents de venir !
Elle était tellement heureuse qu'elle les embrassa les uns après les autres.
Elle commença par Jeannot Lapin et finit par Fouilli-Fouilla.
Roussette et Doucet ne l'embrassaient pas, ils la léchaient.
La mésange bleutée, qui n'avait rien apporté, siffla son plus doux chant.
L'écureuil et Jeannot Lapin dansèrent ...
Les bêtes restèrent toute la journée avec elle.
Elle fit goûter à tous les gateaux de Coco Kadubec.
Vers la soirée, Roussette lui dit :
-Viendras-tu me traire ? Tu verras, j'ai du bon lait doux et sucré !
-Bien sûr, j'irai quelquefois !
-Moi, dit Jeannot Lapin, je te rapporterai des pommes de terre, des navets et des carottes.
-Et moi des noisettes, dit Grignotin.
-Et moi, je demanderai des oeufs pour toi à la poule, dit Doucet, l'agneau.
Et depuis ce jour-là, Marie est très heureuse.
Les animaux viennent souvent la voir.
Elle ne pleure plus jamais.
Elle mange tous les jours à sa faim et est vêtue de vêtements bien chauds.
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Ce conte a été écrit en janvier 1946
par les élèves de l'école Jules-Ferry, à Mayenne (Mayenne)
Enfantines N° 118
-Editions de l'école Moderne Française. Cannes
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