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Parmi les choses qui m'ont frappées aujourd'hui, c'est que toutes les pédagogies ici représentées, toutes sont des pédagogies c'est-à-dire qu'elles appellent un discours politique, elles disent qu'à la base même de tout dispositif d'enseignement, d'apprentissage, il y a une conception de l'individu, du citoyen, de sa place dans la société.
Il peut y avoir des divergences dans les différents courants pédagogiques parce que justement, d'une part, la lecture que l'on fait des pressions exercées sur les individus et d'autre part la conception même que l'on a de l'individu et de la manière de s'impliquer dans les relations sociales peuvent être différentes. Cela a des incidences sur les choix didactiques à partir du moment où l'on se base sur une lecture de la société, de quelle définition idéale je me donne du citoyen et de l'apprentissage, de l'éducation pour conduire à ce citoyen-là, je suis alors confronté d'une part à quelle théorie de l'apprentissage on se réfère - et là il y a des divergences entre nous - et aux dispositifs concrets que l'on va mettre en place - et là aussi, il y a des différences.
Mais il est clair que lorsqu'on compare ce qu'on entend ici et qu'on va ailleurs, on perçoit qu'on est en terrain de cousinage existant entre ces pédagogies. Il y a donc des nuances mais surtout des convergences. Des éléments de type idéologique nous rapprochent incontestablement mais c'est justement quand on creuse ces éléments qu'on peut s'apercevoir des divergences. Comment les débusquer ? En confrontant des démarches. Il faut pouvoir faire ce travail d'aller voir " derrière " les démarches ce qui les motive, ce qu'il y a comme principes qui les sous-tendent.
Qui, au nom de quoi, détermine ce qu'un enfant doit savoir et savoir faire au terme de son apprentissage ? Il ne faut pas escamoter le fait que toute forme d'éducation exprime une vue sur les enfants et même lorsqu'on affirme que l'on part d'eux, c'est encore une prise de position.
Y a-t-il des approches meilleures que d'autres ? Au nom de quoi ? On ne peut répondre à cette question sans mettre ses critères sur la table. Il y a entre les différentes pédagogies des nuances importantes sur la conception que l'on a de l'enfant. Cette question mériterait d'être creusée.
Et quelle est la meilleure stratégie vis-à-vis de l'adversaire, si adversaire il y a. Faut-il faire des expériences fortes, pures et dures ou plutôt, même si c'est affaibli mais que c'est largement diffusé, si cela pénètre des bastions du conservatisme, n'est-ce pas une bonne chose ?
De même entre nous, le choix n'est-il pas de creuser une mouvance pédagogique ou de tenter une approche de type synthétique, un pluralisme pédagogique reliés par une vision politique ? Et en se disant : " Au nom de cette vision politique que je partage avec d'autres, je pense que je peux faire mon miel d'un certain nombre de choses qui n'appartiennent pas nécessairement à une tradition construite, solide, approfondie. "
Ce sont là des choix d'attitudes concrètes : est-ce que je m'inscris en choisissant, en approfondissant une mouvance à laquelle je m'identifie assez fort ou bien je puise à plusieurs sources tout en étant exigeant et radical et je reconstruis quelque chose de spécifique même si c'est un peu boiteux parfois en termes de structure pédagogique. Je ne sais pas s'il y a une bonne réponse.
Ce qui m'a frappé aussi, ce qui est commun entre vous, c'est l'accent que vous mettez sur l'aspect compagnonnage coopératif, approfondissement entre pairs, auto-socio-formation, formation coopérative, mouvement coopératif.
J'ai perçu aussi cette double tendance propre à tous les progressistes c'est d'une part avoir un projet ambitieux, un peu utopique et en permanence se dire : " Je vais tendre vers " et donc à la fois affirmer un discours idéal et en même temps être assez réaliste pour se dire : " Cette situation idéale je ne vais jamais l'atteindre ce qui est fort fatigant… nous ne le savons que trop. "
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