Echanges autour des BREVETS par email au sein du GEPEM (septembre octobre novembre 2001)



Puisque la liste gepem yahoo marche,


je vais entamer sur cette liste un débat ouvert sur "les brevets" ou bien

"Une évaluation coopérative" faite pour et avec les enfants.


Je sauvegarderai dans un dossier tous les avis de ce débat, qui ensuite pourra être un article de "la roue".


Cela vous convient ?

Allons-y


Une définition tout d'abord : un brevet peut être considéré comme tout savoir identifié de manière précise sans aucune autre restriction qu'il soit facilement évaluable par les enfants individuellement ou en groupe. "Exemple : sauter à la corde sur un pied 10 fois"


Cela vous convient il ?

A vous lire


Christian.Chopart@wanadoo.fr

------------------------------------------------

Génial !.... La liste GEPEM trouve sa vitesse de croisière. Recenser les

textes sur des sujets aussi fondamentaux, au-delà d'un article pour la

"Roue", pourrait servir à faire des brochures "ressources" à diffuser au

sein (et à l'extérieur comme suppléments de la Roue qui est déclarée) du

GEPEM.

Pour pinailler : - je ne comprends pas le "sans aucune autre restriction".

Philippe Lamy

---------------------------------------------

Christian.Chopart@wanadoo.fr

Ville nouvelle de Sénart 77

------------------------------------------------

à liste gepem


Définition d'un "brevet":

Tout savoir facilement évaluable en pouvant répondre par oui ou nom

sans aucune restriction de genre ou de domaines mais seul les savoirs illégaux sont interdit (ex: comment tuer quelqu'un, ou faire un casse etc...)

C'est la formulation du brevet qui permet de le rendre comme cité plus haut.


Dès que le nombre de brevets devient important, le recours à un logiciel informatique devient nécessaire: LISSPEC, GINGO ou tableur comme EXCEL ou base de données comme ACCES.

Cela arrive très vite, pour une classe de 12 enfants, en deux ans nous arrivons à 258 brevets.

Les brevets peuvent être créés par le maître, le groupe ou chaque enfant ou moment brevets.




Le moment "brevets" dans ma classe de CLIS

Ce moment inscrit dans l'emploi du temps collectif, dure entre une demi heure et trois quart d'heure deux fois par semaine.

C'est un moment collectif de parole où chacun à le droit de parler et d'être écouté. Il a pour but la reconnaissance par le groupe des savoirs de chacun et la prise en compte des apprentissages personnels ainsi que la possibilité de partager ses savoirs. "Quand on sait quelque chose on peut l'apprendre à un autre" est une des lois de la classe comme celle de l'entraide obligatoire "On doit aider les autres".


Les tables sont en carré dans ma classe et nous faisons donc des tours de tables pour présenter chacun son brevet. En général nous faisons dans le temps imparti 4 tours de table ce qui permet la présentation de 4x12 brevets = 48 brevets présentés.

Tous les enfants à ce moment ont sur leur table le cahier bleu, le cahier de brevets.

Dans ce cahier sont inscris tous les brevets en cours dans la classe (actuellement 258). Ils sont classés pour plus de facilité de recherche et de lecture par domaines et à l'intérieur de chaque domaine par niveau visualisé comme les ceintures de judo (blanc, jeune, orange, etc...)

Pour les lecteurs débutants, chacun à colorié les domaines par couleurs et les niveaux aussi.


Moi pendant le passage de brevets, j'ai une liste des brevets par ordre alphabétique qui me permet de noter les enfants acquéreurs d'un brevet pour que je puisse les rentrer sur l'ordinateur auparavant dans LISSPEC et maintenant dans GINGO.

Les enfants chacun à leur tour peuvent soit passer un brevet ou en créer un.

Comme ma classe fonctionne en pédagogie institutionnelle, les enfants gagnent 50 sous pour un brevet validé, ou un brevet inventé, ou apprendre de manière validée à quelqu'un.


On commence... T présente le brevet: jongler 5 fois au foot avec la tête. Soit il l'a déjà fait et les enfants disent d'accord je l'ai vu , soit il nous le montre maintenant dans la classe (quand cela est possible) . T a fait la preuve qu'il savait le faire. Je tamponne avec un dateur ont cahier en face du brevet, je marque l'enfant sur ma feuille de relevé. T gagne 50 sous.

D propose un brevet, il est discuté , je regarde s'il n'existe pas déjà ou trop proche d'un autre. S'il est accepté D gagne 50 sous, je le garde écrit sur un petit papier pour l'inscrire plus tard sur l'ordinateur.

X veut passer le brevet inventé par D, il montre qu'il sait le faire , je l’inscris sur le papier et il gagne 50 sous. F présente le brevet j'ai réussi le fichier A3 de lecture avec plus de 25 feux vert (réussites) , elle montre sa fiche avec les 28 feux verts, le brevet est obtenu, je tamponne je note sur la liste , je paye 50 sous.


Les quatre tours de tables continuent jusqu'à la limite de tour ou de temps.


Une fois les brevets passés. Le moment est terminé.

Je prends ma fiche d'inscription des brevets et je les inscris sur l'ordinateur de la classe (environ 15 mn)

Retour au groupe pour dire les brevets validés (3 mn) car certains ont tendance à passé un brevet déjà validé précédemment. Cela permet de corriger cela.


Le travail autour des brevets se fait aux moments de Travail personnel (TP ou TI pour d'autres). Dans le plan de travail peut être inscrit le travail "apprendre à " . C'est un temps de travail entre deux enfants où l'un apprend à l'autre. Ce qui permet ensuite de passer un brevet.


Chaque travail de la classe personnel ou individualisé trouve une validation dans un brevet (enfin... c'est en cours)

Ensuite au moment de TP chaque enfant peut venir devant l'ordinateur consulter son arbre et ceux croisés de ses copains pour savoir ce qu'il peut leur apprendre....


Fin du message --------- J'attends vos commentaires....


Christian Chopart


--------------------------------------------------------

j'attends mes fichiers PEMF pour commencer une vraie 1ère année de TI, et je ne me sentais pas le courage de commencer les brevets la même année. J'ai trouvé un bon compromis avec l'outil "différencier sa pédagogie en maths au cycle 3" (numération et calcul) chez Hachette Education, collection l'école au quotidien. Ils utilisent un système de feux verts, que l'on obtient après une évaluation. Un tableau de tous les feux à avoir normalement en fin de cycle 3 est affiché en classe avec les noms des gamins ( à double entrée donc), chaque gamin a aussi un tableau personnel. Les feux se passent librement. Ca me semble être bien pour un début vers les brevets. La même chose existe en français.

Je piaffe d'impatience en attendant mes fichiers. Pour l'instant, je pratique le QDN quotidiennement, le conseil de classe, le TL, le permis de conduite, inspiré de celui de Jean-Marc ( 6 brevets graduels) qui donne des droits aux enfants qui ont un comportement permettant la confiance, les droits s'acquérant ou se perdant, le brevet le plus dur à avoir donnant le plus de droits.

Pour l'instant c'est tout.


Valérie, CM2

-------------------------------------------------------

Bjr Valérie

Les brevets, tels que nous les pratiquons et qui pour ma part, ont été une étape avant de passer aux arbres de connaissance (c'est pour bientôt), ne sont pas si "compliqués" à mettre en place. Il te suffirait peut-être de partir de l'un des livret de brevets que certains d'entre nous ont mis en place, pour sélectionner ceux qui te seraient utiles.

L'atelier "brevets", à mon avis, doit avoir lieu pendant le stage du 11/11. Beaucoup au sein du groupe ont déjà une approche des brevets, même si tous ne les utilisent pas en classe. Il suffit de peu de choses pour franchir le pas et deux mois après la rentrée, après avoir soufflé pendant les vacances :-) cela peut démarrer (?)...

Pour terminer, le "pour l'instant c'est tout" est particulièrement savoureux. As-tu conscience que tu entames "seulement" ta deuxième année d'enseignement ? Tu as déjà plusieurs longueurs d'avance sur bon nombre de collègues....

Bises

Philippe Lamy


--------------------------------------------------------

Question difficile que celle des brevets...


Succinctement, et à ce moment de ma réflexion je dirais ceci:


Les brevets tous azimuts dans une classe est une situation aboutie, gérable

par ordinateur (lisspec ou les arbres) car ingérable autrement sans doute

(?) et qui permet une véritable vie/active de l'apprentissage en décalage

total avec les ambitions et les pratiques insufflées par l'Educ.Nat.

Et c'est bien !


Néanmoins il ne faut pas que ces arbres là nous cachent la forêt, ah, ah,

ah.

Avant d'en arriver là, il me semble nécessaire de prévoir des garde-fous

tout comme nous le faisons dans bien d'autres domaines (TL, Conseils,

Conférences d'enfants...)


Pour avoir moi-même essayé les brevets judo, scoubidoux et pâte à tarte dans

mes classes passées, il m'est vite apparu que ces brevets si tentants qu'ils

soient pour faire entrer la Vie dans les apprentissages, n'ont aucune

passerelle avec l'évaluation des matières "scolaires" y compris au sein

d'une pratique Freinet utilisant les TL, Méthode Naturelle, atelier

bricolage...


En clair, on ne peut pas attendre des enfants qu'ils nous soumettent des

brevets "scolaires" nous permettant de rassurer parents, enseignants,

inspecteurs et...soi-même.


Aussi il me semble qu'un corpus de Brevets de base, incontournables, en

Lecture, Maths et Production d'écrit, pourrait permettre à quiconque de

rentrer plus aisément dans ce maelström que sont les brevets et échanges de

savoirs.


Dans cet esprit, Cécile THIERY et moi-même travaillons depuis le printemps

dernier à des brevets accompagnés de leurs documents d’entraînement et de

passation.


En fait les listes de brevets sont innombrables au sein des enseignants

Freinet, la difficulté est toujours de le greffer à la vie de sa propre classe car les items sont nombreux et spécifiques.

D'autre part ces brevets sont en général totalement dissociés du document de

travail qui les a vu naître et encore plus du document permettant de les évaluer.


Aussi cette trilogie "brevet/entraînement/passation" nous parait-elle indispensable.


Enfin, les variations sur les items étant infinies nous cherchons à en extraire la substance afin de ne "breveter" que l'essentiel (le minimum?)

cela afin d'assurer une évaluation transitoire, le temps que la vie de la

classe et surtout l'assurance de l'enseignant permettent un fonctionnement

total en échanges de savoirs.


Ces documents en rodage dans nos classes en ce moment, seront consultables le 16 janvier à Mauregard. Ils pourraient être un point supplémentaire

possible à une recherche au sein du GEPEM.


Voilà ma position à ce sujet, à vous lire pour faire tourner... la roue, bien sûr !



Jean-marc MARCELINO

Classe unique de Mauregard

77990

Seine et Marne


--------------------------------------------------------

Christian répond à Jean Marc


Les brevets tous azimuts n'existent pas, les enfants ont tous leur propre appropriation du savoir, et ils ne font pas n'importe quoi. Je réfute donc le terme de "tous azimuts".


D'autre part, il ne peut exister d'ITEM à un brevet puisqu'il est lui-même le brevet. Si on ne s'entend pas là dessus: un brevet est une chose évaluable. Nous aurons un dialogue de sourd comme au congrès de Grenoble en 1981.


Puisque la roue doit tourner, on ne peut pas reprendre les erreurs du passé et faire table rase des impasses ou on conduit certaines recherches dans le domaine de l'évaluation au sein du mouvement Freinet.


Au congrès de grenoble (81) Bernard Monthubert avait dit à l'issus des travaux de la commission évaluation, si c'est celà alors , il vaut mieux ne pas avoir d'évaluation.


Heureusement, des recherches ultérieures grâce aux arbres de connaissances ont permis de sortir de cette impasse et dessiner dans le monde de la Pédagogie Freinet une évaluation possible en rapport avec ses valeurs.

Au congrès de Rennes ce Bernard Monthubert était vivement intéressé par cette approche de l'évalution via LISSPEC.


Ceci pour dire que l'on ne peut pas rester le nez dans le guidon et ne lire que les BO, instructions officielles, les programmes nouveaux toujours.

Il faut que l'on regarde , nous même pédago Freinet, de quoi ont besoin les enfants pour évoluer de plus en plus.


Des gardes fous sont bons pour permettre à un instit attaqué de toute part de se justifier vis à vis de....

On ne peut avoir de visée éducative uniquement dans la paranoïa et la défense de son métier...


On doit viser plus haut...

Enfin c'est ce que je crois, puisqu'en 35 ans de carrière je me suis aperçu que je pouvais lire les BO qui me racontaient ce que j'avais fait 10 ans ou plus auparavant, certes avec des vocables différents....


Notre métier, c'est auprès des gamins, pas dans les BO et les ministères. La norme est celle que nous voulons bien accepter.


-------------------------------------------------

Christian.Chopart@wanadoo.fr

Ville nouvelle de Sénart 77

------------------------------------------------

Un échange des plus intéressant s'amorce sur les brevets et j'approuve

totalement la démarche de Christian d'insister sur une définition des

brevets. Il est de bon ton, surtout dans l'Education Nationale, de prendre

un mot ou une technique et d'en pervertir le sens. Cela mène le plus souvent

à une confusion qui finit par faire dire à certain que tout se vaut...


Les brevets ne sont pas des évaluations, ils ne sont pas des contrôles,

certes mais.. .le livret de brevets est-il seulement la somme des compétences ? Un livret de brevets est-il la même chose (...n'est-il...)

qu'un livret de compétences (discussion ce matin entre Philippe Jorand et moi pendant une concertation)

Est-on en droit de limiter les brevets à une fonction scolaire et de ne les lier qu'à des items des programmes. Ne sont ils aussi qu'un moyen détourné, en acceptant des brevets non scolaires, à faire plus facilement accepter par

les enfants les brevets scolaires ?...

Sont-ils un véritable outil de rupture ?...


Je planche de mon côté...


A vous lire


Philippe Lamy

---------------------------------------------------

Merci Jean Marc et Christian pour vos analyses, remarques et questions en cours sur les brevets qui alimentent les nôtres.

---------------------------------------------

D'accord avec Christian. Nous avons toujours une longueur d'avance et ce

sont les IO, parfois sans nous nommer, qui essayent de nous rattraper.

Notre but n'est pas d'adapter les programmes en y plaquant nos mots, de

reprendre les brevets pour faire des évaluations...


J'ai participé en compagnie de Philippe Jorand à ma première liaison CM2/6è,

avec des profs (intéressants) de Villemomble. Il se trouve qu'après un

échange argumenté sur les évaluations 6è et l'observation d'exercices

proposés, il était évident que les réponses apportés par les enfants étaient

intelligentes, cohérentes, pleine de "bon sens", mais non prises (ou peu) en

compte dans la grille d'évaluation. A contrario, c'était les énoncés ou

consignes qui étaient incohérents et inappropriés.

Et pourtant la réponse intelligente était comptée fausse et pouvait laisser

penser que l'enfant était en difficulté et pouvait basculer dans l'échec. Il

était donc nécessaire de proposer une remédiation...à l'enfant et non au

rédacteur de l'énoncé.

La conclusion s'imposait d'elle-même. Notre métier ne s'avérait qu'être la

volonté de formater, de standardiser les enfants afin qu'ils n'apportent à

un problème que le réponse attendue.


L'évaluation "éducation nationale" n'est que cela. Elle évalue la capacité

de l'enfant à se standardiser, à se formater à la réponse voulue. Aucune

création, aucune initiative, aucune découverte, le prix à payer pour

franchir les obstacles du parcours scolaire n'étant que l'amputation d'une

partie de soi, de ses capacités, de son humanité...


Et les brevets dans tout cela ?...


Le terme brevet a son importance, puisque selon le dico il s'agit "d'un diplôme ou certificat délivré sous le contrôle de l'État (!) et attestant

certaines connaissances ou conférant certains droits".


On dépose un brevet, on passe un brevet, celui-ci attestant d'une connaissance, d'une compétence, d'une connaissance. On ne passe pas un

compétence, une connaissance... Être détenteur d'un brevet "confère certains droits", celui d'explorer les chemins de la connaissance, de se découvrir porteur de savoirs. L'enfant qui dépose un brevet est dans l'initiative. En tant que breveté, il porte à la connaissance de la communauté qu'il "sait" et que tout à chacun peut savoir et que lui peut leur apprendre. Le brevet ouvre des portes, l'évaluation les ferme...



Philippe Lamy

-------------------------------------------------------------------


Brevet ou compétence ?



Il semble, en effet, tout à fait nécessaire de faire une mise au point quant à la définition des brevets et à la dénomination de l'outil qui les rassemble que ce soit un livret ou un logiciel (Gingo par exemple).

Il est de bon ton surtout au sein d'esprits polémiques de s'emparer d'un mot et d'en modifier le sens afin d'y estampiller un label " Freinet " par exemple_ tous les mots sont du domaine public_ Les brevets ne sont pas des évaluations ; cela peut s'entendre quoi que… Ils ne sont bien évidemment pas des contrôles ! Aux termes " livret de brevets ", je préfère les termes de " livret de compétences ".

Le brevet, nous disent les encyclopédies ou dictionnaires, est un titre délivré par une autorité (publique) conférant à son titulaire le droit exclusif de son invention ou encore c'est un diplôme ou certificat délivré après examen par " l'état " sanctionnant des études, attestant certaines aptitudes et donnant certains droits.

La compétence nous disent encore les dictionnaires, sont des capacités reconnues _sous-entendu par le groupe dont fait partie l'individu_ en tel ou tel savoir, savoir-faire, savoir-être, scolaire ou non et qui donne le droit d'en juger.

Lorsque Philippe Lamy dit : " le livret de brevets n'est-il seulement que la somme des compétences ? " Je dirai plutôt : " le livret de compétences n'est-il seulement que la somme des brevets ? " En effet, il semble à la lecture des différentes définitions que le champ sémantique de la compétence est bien plus large que celui du brevet. On peut tout à fait révéler une compétence non brevetée ou " brevetable ". Le brevet comporte un aspect étatique ; c'est, si l'on ne pervertit pas le sens des mots, un certificat délivré par l'individu (adulte ou enfant) qui fait autorité alors que la compétence me paraît plus proche encore de la philosophie du mouvement Freinet : c'est une capacité reconnue y compris par des pairs, qui donne le droit d'en juger. Un enfant qui dépose ou/et un brevet (cf définition) révèle une compétence. Il peut donc, ensuite, être responsable d'un atelier, il note si le brevet de son copain est acquis ou non. Il est compétent, il fait autorité. (cf plus haut).

En bref et pour en terminer qui veut limiter les brevets à une fonction scolaire, qui veut ne les lier qu'à des items des programmes, à qui encore peut-on faire un procès d'intention ? Des noms ! des noms !


Philippe Jorand

-----------------------------------------------------------------

Objet : le livret de compétences n¹est-ilseulement que la somme des

brevets ?



Une histoire bien compliquée, mais la mission de l'école est-elle de tout

breveter, découper, ranger. Il faut aussi savoir garder la part d'intimité,

de non-dit, de non-utilisé de chaque être humain.

Je ne suis pas sûre d'avoir à révéler toutes les compétences de mes élèves.

Je me suis toujours sentie, probablement parce que j'ai longtemps travaillé

avec de très jeunes enfants, éblouie par les immenses territoires de

possibilités inexploitées de chaque être humain.

Je pense qu'il faut rester modeste : nous avons pour mission d'accompagner

les élèves dans les premiers champs des savoirs accumulés de l'être humain,

de les accompagner dans cette reconstruction toujours renouvelée de notre

histoire, des premiers tas de cailloux pour calculer jusqu'aux nombres

complexes, aux premières traces dans l'argile vers l'écriture de textes et

les lectures des productions d'autrui.

Nous accompagnons, nous sollicitons ce travail dans le temps et la durée, et

nous avons besoin de repères (les élèves aussi), mais les brevets peuvent

aussi figer dans l'instant ce qui peut fluctuer dans le temps.

N'oublions pas qu'ils tâtonnent, avancent, régressent (comme nous

d'ailleurs) et bannissons l'invective et le rejet, même si parmi nous comme

parmi les autres, il reste des pratiques à discuter, celles qui sont

discutables....Le rôle du groupe GEPEM est sans doute de permettre cela :

discuter et tâtonner ensemble.

Véronique


PS : J'aurai bien répondu sur la liste GEPEM, et voici ma nouvelle adresse

pour m'inscrire :

vdecker@wanadoo.fr

-------------------------------------------------------

Véronique,


Est-ce à dire qu'un livret de compétences individualisé est souhaitable?

Si c'est le cas, cela conduirait à l'impossibilité de comparer les compétences des enfants, donc à l'impossibilité de suivre un programme, donc au rejet de l'idée même d'un programme...sclérosant.

Mais...

La programmation d'un certain nombre de compétences au sein d'une année scolaire n'est-elle pas le fruit de recherches psycho-pédagogiques utiles pour la connaissance des capacités "normales" d'apprentissage d'un enfant d'une classe d'âge donnée?

Doit-on bannir toute normalisation, au niveau national?

Cela permettrait sans doute aux enfants de progresser par rapport à eux-mêmes, mais peut-être pas d'empêcher la compétition scolaire.

Vos idées sont les bienvenues.


Amicalement,


Bérangère

-------------------------------------------------------------

Le 17/10/01 23:23, « Philippe Lamy » <philippe.lamy@freesbee.fr> a écrit :


Le découpage des programmes en disciplines est issue des Encyclopédistes du XVIIIè et leur progression linéaire, de l'idée qu'un enfant de tel âge est capable d'apprendre telle chose à tel moment (Piaget ?). Cette idée séduisante et... pratique est battue en brèche par un grand nombre d'études (Guy Vermeil, Jacquard et d'autres...) qui montre qu'il est impossible d'établir un quelconque profil "étalon", si ce n'est à force de standardisation. L'enfant n'est ni en retard, ni en avance, il est à son heure. Comme les exercices, les évaluations, les leçons ; les programmes sont le plus souvent inadaptés aux enfants... De plus l'école a développé un mode d'apprentissage qui n'a de valeur qu'en son sein (la fameuse "scolastique" dénoncée par Freinet).

Par ailleurs, la compétition scolaire génère la violence scolaire. La pédagogie Freinet est fondée sur des valeurs de coopération et d'entraide, car malgré ce que nous font croire ceux qui pensent pour notre bien, ce n'est pas la compétition qui a permis à l'humain d'avancer, mais bien l'entraide.

Côté programmes, ceux-ci ne se justifient que par les examens qui les sanctionnent. Ces derniers n'ont pour but que de sélectionner, d'orienter les populations en fonction des seuls critères de réussite (donc de bonne adaptation/formatage) aux exigences scolaires. Ce qui est un peu léger quand on sait le nombre de personnes qui ont "réussi" alors qu'elles ne correspondaient pas au profil scolaire Et la majorité de rester sur le carreau, prisonnière de l'idée bien ancrée que si elle est à cette place c'est qu'elle était bien incapable d'être à une autre place ("tout le monde ne peut pas être médecin...")

Il y aurait aussi beaucoup à dire sur les programmes nationaux, imposés au nom de l'égalité. Voilà bien une idée, l'égalité, qui peut être décrétée et imposée de façon autoritaire. Et voilà bien aussi cette égalité qui génère l'inégalité, car tout le monde n'est pas égal face aux programmes...

Ceci dit, on en est là pour l'instant. A trouver des solutions dans un système qui se mord la queue... C'est dire que lorsque que l'on a conscience de tout cela, il y a une part de travail à faire dans l'immédiat, qui est d'offrir aux enfants qui passent dans nos classes la possibilité de s'épanouir au mieux, et pour nous de continuer aussi à réfléchir à un mode d'organisation politique qui permette, à la lumière de ce que nous voyons vivre avec les enfants, à chacun de se fédérer dans une communauté humaine accueillante et si possible libre...

Il est tard, fermez le ban !...


Philippe Lamy

----------------------------------------

Christian à GEPEM

Je voudrais prolonger ce qu'a dit Jean-Marc il y a une semaine.

En précisant qu'un brevet n'a pas de sous item parcequ'il est lui même cet item.

J'ai regardé sous GINGO et LISSPEC et on peut comme le propose Jean-Marc travailler fiche par fiche de brevets échangeable et utilisable dans des classes différentes.

Voici comment se compose la fiche brevet: (qui associe en effet, la formation et la passation)

L'intitulé (du brevet qui permet de le repérer dans une liste, court de quelques mots)

Les 4 index (qui permettent de classer ce brevet, par domaine, par niveaux etc...)

La description (de la formation et des apprentissages nécessaire et sous tendus par ce brevet, et aussi le matériel permettant cet apprentissage, fichier, livret ou autre)

Les modalités (de passation ou d'inscription à une formation, les détail du test ou des épreuves validants ce brevet)

Voici cette fiche brevet: intitulé, index, description, modalités.

Dans GINGO, la description et les modalités peuvent intégrer plusieurs pages A4.

En travaillant brevet par brevet, nous pourrions créer une banque de brevets utilisables par à peu près tous.

De manière la plus pratique, il faut donc être d'accord pour utiliser le même vocabulaire et les même définition, sinon ce sera un dialogue de sourd.

On peut s'attaquer en priorité à ceux qui paraissent à certain plus urgents par rapport aux programmes, mais sans en exclure les autres brevets. Ce serait juste une priorité, qui reste subjective.

Je vais commencer à travailler dans ce sens et envoyer brevet par brevet par exemple sous excel si tout le monde l'a.

On parlera alors de "fiche brevet".

D'autre part je vais arrêter la compilation des dialogues sur ce thème, pour l'envoyer pour un article de la roue à qui le voudra. En fichier WORD rtf.

A bientôt donc

NB: le débat n'est pas terminé, je fais juste une première compilation pour la roue.

-------------------------------------------------
Christian.Chopart@wanadoo.fr
Ville nouvelle de Sénart 77
------------------------------------------------






Je tarde un peu à répondre à vos profondes pensées car elles méritaient
réflexion...

Il m'a fallu vous lire et vous relire et m'en imprégner pour finalement
considérer que je ne me sent pas en désaccord avec ce que vous décrivez l'un et l'autre.
Simplement un peu en décalage.
Oui, la norme existe en tout cas elle est celle que l'on veut bien accepter.
Oui, les arbres de connaissance sont sans doute un moyen (le seul ?) de
gérer la multiplicité des brevets et des brevetés.
Oui, le brevet est une prise de risques consentis et une initiative de
l'apprenant enfin maître de son savoir.
Oui, l'évaluation traditionnelle y compris Nationale a montré ses limites.
Oui, enfin à la nécessité de tracer un chemin rénovateur, une alternative,
ou plus encore, une stratégie, éducative , politique, sociale fondée sur des
valeurs respectant l'individu comme mesure irréductible des choix
collectifs. Rien à voir bien sûr avec l'individualisme forcené des valeurs
mondialistes qui favorisent l'individu par le biais de la compétition d'où
le conflit de sens et d'intérêt pour chaque individu qui, pour être
respectable, doit ignorer l'intérêt commun et/ou individuel et donc se
mépriser lui-même.
L'être humain se construisant, socialement parlant bien sûr, par l'effet
miroir du groupe auquel il appartient.

Alors où est le décalage?
Nos parcours personnels sont fort différents, et pour ma part je n'ai pas la
fibre ni l'âme militante. Aussi je me cantonnerai à jalonner des chemins
moins chargés de certitudes, moins exposés, mais un travail tout aussi
nécessaire.
De paranoïa, j'espère qu'il n'y en a pas. Si toutefois elle est potentielle,
elle est en chacun de nous dans ce métier culpabilisant.
Christian, me semble -t-il, a trouvé une parade en réintégrant le spécialisé
où, me semble -t-il les pressions des parents et de l'administration sont
peut-être moins sensibles?
Quant à Philippe, n'est-il meilleur endroit pour faire entendre voix et
idées et prendre enfin position forte au delà de l'enceinte scolaire qu'une
équipe quasi Freinétique?
Pour ma part je sors quelque peu refroidi et sans aucun doute plus serein,
de plusieurs années d'un combat contre l'obscurantisme pédagogique sous
couvert de modernité éducative multimédiatisée... Vous savez, ces écoles où l'on croit réinventer la pédagogie à coup de CD-rom éducatifs...
Mon bilan est misérable en regard de l'énergie personnelle déployée pour
cause d'isolement!

Aussi les ambitions et positions ne peuvent être les mêmes sans pour autant s'opposer. Je m'explique :
Mon propos et de baliser ma pratique des brevets, au fur et à mesure de son
évolution, afin d'en garder les processus. Cela dans le but de permettre à d'autre d'éviter les erreurs les plus grossières dans lesquelles nous
tombons tous si nous tentons de réinventer chaque jour la roue.
C'est mon postulat de travail.
Je prétends donc que nous aurions tous pu gagner du temps et donc en faire
gagner aux enfants en permettant à chaque collègue d'amorcer la mise en
place de brevets avec le moins possible d'énergie gaspillée.

Prévoir une liste de Brevets-phares dans des domaines clés et souvent en
relation directe avec les outils que nous utilisons au quotidien : fichiers
lecture, maths, etc, peut permettre une mise en place rapide d'un système de
brevets dès la première année d'enseignement d'un collègue par exemple (ce serait déjà pas si mal compte tenu du temps qu'il nous a fallu aux uns et aux autres pour en arriver où nous sommes aujourd'hui et les galères qu'on aurait pu s'éviter...).
Je ne pense pas qu'en faisant cela, il soit raisonnable de prétendre qu'il
ne s'agisse là que d'une évaluation maquillée ou d'une parade à la névrose!

Les limites de ces gardes fous sont tout à fait visibles. Mais, Christian,
pour avoir marché dans tes traces en terme de carnet de brevets, je peux
sourire maintenant de la portée de ces outils un peu caduques, sans me
renier ni renier notre travail commun.

Il nous appartient donc de permettre aux nouveaux collègues d'avoir le choix
entre la galère et des balises à prendre ou ne pas prendre... Quant à la
prise de risques dans ce métier, elle me semble permanente, alors si on peut
limiter un peu les dégats...

Tout cela n'enlève rien aux positions pointues et militantes que vous
adoptez tous deux. Il me parait indispensable que vous puissiez le faire,
c'est nécessaire, complémentaire.
Ce que je propose ne me parait pas renier pour autant vos positions plus
radicales, pleines de certitudes.

Un dernier mot peut-être sur les arbres de connaissance.

Une instit' du 91 qui bossait en péda Freinet,a transposé le principe des
brevets de sa classe, en échanges de savoirs entre tous les individus d'un
quartier.
Cette graine une fois plantée a donné vie aux Réseaux d'échanges de savoirs.
Devant la difficulté à gérer l'ampleur des brevets ainsi échangés, 2
informaticiens ont créé un logiciel qui s'appelle GINGO, grace auquel les
savoirs individuels et collectifs sont symbolisés par des arbres (d'ou
l'idée d'arbres de connaissance)!
Tous cela a pris plus de 15 ans...

Partant, il me semble qu'on ne devrait plus entendre dire : "on va réfléchir
ou échanger sur les arbres de connaissances" ou encore "j'ai fait le tour
des brevets, je me dirige maintenant vers les arbres de connaissance"...
C'est comme ci, concernant le texte libre par exemple on disait : "les
enfants plafonnent avec leurs textes libres, il faut qu'on achète windows".
Ce faisant on confondrait le principe pédagogique et l'outil. C'est la
raison pour laquelle je dis que les arbres de connaissance ne doivent pas
cacher la forêt : Ils ne sont qu'un outil au service du travail de fond que
sont la pratique des brevets et/ou des échanges de savoirs. Là est
l'essentiel de notre reflexion!
Les arbres d'en tout cela ne méritent pas qu'on en parle autrement que pour
apprendre à se servir du logiciel qui les a créés.

Sur ce, il est fort tard,
pardonnez donc cette longue prise de parole, mais on ne se refait pas...

Coopérativement,
Jean-marc


Beau texte Jean-Marc, qui alimente notre réflexion à tous.

Tendre vers quelque chose, qui n'est en rien un absolu, mais une idée permet
d'envisager ce qui est possible avec des outils tel que les brevets ou bien
les arbres...

Reconnaître les savoirs d'un enfant ou d'un adulte, les valoriser, lui
permet de prendre conscience de sa propre valeur. Une fois qu'il ressent
cette capacité à être plus que la place qu'on lui destinait (ou qu'il se
destinait), tout lui est possible
C'est en ça que je considère la philosophie de la pédagogie Freinet (les
techniques Freinet) est libertaire. Elle libère les individus qui la
pratique (enfants/adultes).

Par ailleurs, aider les collègues qui souhaitent avancer, par le biais de
garde-fous et créer des outils dans ce sens est une bonne idée. La frontière
est mince entre le désir de se libérer de ses peurs et le besoin de
sécurité. Ces outils "garde-fous" peuvent/doivent être des étapes permettant
à des collègues de les sécuriser dans leur(s) cheminement(s)

Ceci dit, leur faire entrevoir qu'une fois sécurisés, ils peuvent aller plus
loin (d'ailleurs souvent les enfants vont les y inciter) peut éviter de les
voir s'enfermer dans une technique et la considérer comme aboutie. Disons
que c'est aussi notre rôle de jouer la mouche du coche...

Amitiés

Philippe Lamy



Christian à Jean Marc et GEPEM

Je précise d'abord des mots utilisés comme "paranoïa"
Il faut savoir que les enseignants en général, ont un vécu persécutif
alimenté par la formation IUFM et inspection et seul devant les "autres " et
les "parents". Ce vécu persécutif ne va pas en s'arrangeant quand on
cherche à travailler "autrement".
Le risque de "paranoïa" est donc permanent et surtout dans le mouvement Freinet. C'est un fait et non une accusation.

Pour en sortir, il ne nous faut pas rester "le nez dans le guidon", et donc
sublimer ces conflits (que nous engendrons par notre volonté de faire
différent), donc accepter et chercher des objectifs et des idéaux qui nous
permettent de se placer sur un ou des axes (comme en géométrie euclidienne)
(On pourrait aussi changer de plans "toujours en géométrie......)
Pour en revenir aux "brevets", j'entends par la définition donnée dans le
livre des arbres de connaissances, conforme à celle du mouvement Freinet, et
non pas celle des différents dictionnaires. Ou alors il faudrait remonter au
moyen âge pour parler des maîtrises et du compagnonnage....

La démarche pragmatique de travailler sur les réalités de chaque brevet, est
entièrement sinon complémentaire, issu de la même démarche prise seulement
par un bout différent.
Il n'y a pas d'opposition de faire des brevets en priorité (si on n'oublie
pas les autres) qui permettront de créer des gardes fous.

Mais on ne peut pas à mon avis axer notre travail uniquement sur la
fabrication de "remparts" gardes fous. Le plan de travail est un garde fou
et pourtant il n'a pas été créé pour cela.

Un axe , idéaliste peut être , est nécessaire, pour travailler de manière
plus concrète. Ne serai ce que pour savoir ou nous allons!!!

A bientôt sur un travail concret de "fiches brevets"
amitiés
-------------------------------------------------
Christian.Chopart@wanadoo.fr
Ville nouvelle de Sénart 77
------------------------------------------------


Bonjour à tous !

Voici une information pour les parents concernant la mise en place d'un carnet à brevets pour mes élèves. Elle constituera ma modeste participation au débat sur les brevets entamé il y a peu à l'intérieur du groupe.

A bientôt,

Mehdi. ________________________________

Informations pour les parents concernant le carnet à brevets :

Introduction

Les brevets présentés dans ce carnet font référence à des compétences et des savoirs qui sont conformes :

§ aux compétences issues des programmes officiels de l’Education Nationale que les élèves peuvent acquérir ou renforcer au cycle 3 (du CE2 au CM2) ;

à la répartition de ces compétences au cycle 3 faite dans l’école Pasteur en concertation avec les autres maîtres.

Quel est le but et le rôle de ce carnet ?

Ce carnet a pour but de mettre votre enfant au centre de ses apprentissages conformément aux Instructions Officielles : en effet, c’est un outil qui sera principalement utilisé par les élèves. Les élèves suivront et pourront organiser plus facilement leurs apprentissages en remplissant ce livret eux-mêmes. C’est pour cela que le vocabulaire a été simplifié autant que possible et que les items correspondent le plus souvent possible à des activités identifiables facilement par les enfants.

Il a aussi pour rôle de mettre en avant ce que l’élève réussit au cours de sa scolarité afin de le motiver davantage. La constructions des apprentissages n’étant pas linéaire, ce carnet pointe simplement ce qui a été réussit à un moment donné sans figer les apprentissages en terme de notes ou d’acquis/non acquis. Il s’agit de points de repères qui soulignent et balisent le parcours individuel de chaque élève l’aidant ainsi à construire lui-même selon ses propres besoins, son projet de formation qui l’aidera au mieux à progresser. Les brevets sont organisés autour d’une base commune pour la classe, mais d’autres brevets pourront être créés par les élèves afin d’individualiser ce carnet.

De plus, il permet aux élèves de progresser à leur propre rythme, de les rendre plus autonomes et de favoriser des apprentissages correspondant davantage aux besoins précis et réels de chacun. En effet, chaque brevet peut se préparer grâce à des temps d’apprentissage collectifs menés par le maître mais ils peuvent aussi être préparés de manière individuelle grâce à des fichiers auto-correctifs (comprenant une auto-évaluation, un rappel théorique et une série d’exercices que l’élève fera ou non en fonction du niveau défini par l’évaluation) que les élèves programment eux-mêmes dans leur plan de travail avec l’aide du maître et en fonction de leurs propre difficultés rencontrées au cours des travaux individualisés (écriture de textes, exercices d’application...).

Enfin, la mise en place de ce système se situe aussi dans une visée coopérative favorisant l’entraide et les relations entre les élèves au niveau des apprentissages au sein de la classe. En effet, lorsqu’un élève a un brevet, il peut mettre à disposition son savoir-faire ou ses connaissances pour aider un autre camarade à préparer aussi ce brevet. Il existe ainsi dans la classe un « annuaire des brevets » permettant à chaque élève de voir rapidement qui possède déjà tel ou tel brevet. Il y a alors un double intérêt pour les élèves au niveau de leurs apprentissages : d’une part les enfants peuvent trouver rapidement dans la classe des personnes ressources autre que le maître pouvant les aider à dépasser parfois des difficultés ; d’autre part, le fait d’aider un

camarade permet un renforcement de ses connaissances ou de ses savoir faire chez l’élève qui va aider un camarade.


Mehdi DRICI et Nathalie OFFER
École élémentaire Pasteur - Classe de CE2b
64, rue du Général de Gaulle - 77000 Melun
mehdi-gepem@club-internet.fr
________________________________