Echanges autour des BREVETS par email au sein du GEPEM (septembre octobre novembre 2001)
Puisque la liste gepem yahoo marche,
je vais entamer sur cette liste un débat ouvert sur "les brevets" ou bien
"Une évaluation coopérative" faite pour et avec les enfants.
Je sauvegarderai dans un dossier tous les avis de ce débat, qui ensuite pourra être un article de "la roue".
Cela vous convient ?
Allons-y
Une définition tout d'abord : un brevet peut être considéré comme tout savoir identifié de manière précise sans aucune autre restriction qu'il soit facilement évaluable par les enfants individuellement ou en groupe. "Exemple : sauter à la corde sur un pied 10 fois"
Cela vous convient il ?
A vous lire
Christian.Chopart@wanadoo.fr
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Génial !.... La liste GEPEM trouve sa vitesse de croisière. Recenser les
textes sur des sujets aussi fondamentaux, au-delà d'un article pour la
"Roue", pourrait servir à faire des brochures "ressources" à diffuser au
sein (et à l'extérieur comme suppléments de la Roue qui est déclarée) du
GEPEM.
Pour pinailler : - je ne comprends pas le "sans aucune autre restriction".
Philippe Lamy
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Christian.Chopart@wanadoo.fr
Ville nouvelle de Sénart 77
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à liste gepem
Définition d'un "brevet":
Tout savoir facilement évaluable en pouvant répondre par oui ou nom
sans aucune restriction de genre ou de domaines mais seul les savoirs illégaux sont interdit (ex: comment tuer quelqu'un, ou faire un casse etc...)
C'est la formulation du brevet qui permet de le rendre comme cité plus haut.
Dès que le nombre de brevets devient important, le recours à un logiciel informatique devient nécessaire: LISSPEC, GINGO ou tableur comme EXCEL ou base de données comme ACCES.
Cela arrive très vite, pour une classe de 12 enfants, en deux ans nous arrivons à 258 brevets.
Les brevets peuvent être créés par le maître, le groupe ou chaque enfant ou moment brevets.
Le moment "brevets" dans ma classe de CLIS
Ce moment inscrit dans l'emploi du temps collectif, dure entre une demi heure et trois quart d'heure deux fois par semaine.
C'est un moment collectif de parole où chacun à le droit de parler et d'être écouté. Il a pour but la reconnaissance par le groupe des savoirs de chacun et la prise en compte des apprentissages personnels ainsi que la possibilité de partager ses savoirs. "Quand on sait quelque chose on peut l'apprendre à un autre" est une des lois de la classe comme celle de l'entraide obligatoire "On doit aider les autres".
Les tables sont en carré dans ma classe et nous faisons donc des tours de tables pour présenter chacun son brevet. En général nous faisons dans le temps imparti 4 tours de table ce qui permet la présentation de 4x12 brevets = 48 brevets présentés.
Tous les enfants à ce moment ont sur leur table le cahier bleu, le cahier de brevets.
Dans ce cahier sont inscris tous les brevets en cours dans la classe (actuellement 258). Ils sont classés pour plus de facilité de recherche et de lecture par domaines et à l'intérieur de chaque domaine par niveau visualisé comme les ceintures de judo (blanc, jeune, orange, etc...)
Pour les lecteurs débutants, chacun à colorié les domaines par couleurs et les niveaux aussi.
Moi pendant le passage de brevets, j'ai une liste des brevets par ordre alphabétique qui me permet de noter les enfants acquéreurs d'un brevet pour que je puisse les rentrer sur l'ordinateur auparavant dans LISSPEC et maintenant dans GINGO.
Les enfants chacun à leur tour peuvent soit passer un brevet ou en créer un.
Comme ma classe fonctionne en pédagogie institutionnelle, les enfants gagnent 50 sous pour un brevet validé, ou un brevet inventé, ou apprendre de manière validée à quelqu'un.
On commence... T présente le brevet: jongler 5 fois au foot avec la tête. Soit il l'a déjà fait et les enfants disent d'accord je l'ai vu , soit il nous le montre maintenant dans la classe (quand cela est possible) . T a fait la preuve qu'il savait le faire. Je tamponne avec un dateur ont cahier en face du brevet, je marque l'enfant sur ma feuille de relevé. T gagne 50 sous.
D propose un brevet, il est discuté , je regarde s'il n'existe pas déjà ou trop proche d'un autre. S'il est accepté D gagne 50 sous, je le garde écrit sur un petit papier pour l'inscrire plus tard sur l'ordinateur.
X veut passer le brevet inventé par D, il montre qu'il sait le faire , je l’inscris sur le papier et il gagne 50 sous. F présente le brevet j'ai réussi le fichier A3 de lecture avec plus de 25 feux vert (réussites) , elle montre sa fiche avec les 28 feux verts, le brevet est obtenu, je tamponne je note sur la liste , je paye 50 sous.
Les quatre tours de tables continuent jusqu'à la limite de tour ou de temps.
Une fois les brevets passés. Le moment est terminé.
Je prends ma fiche d'inscription des brevets et je les inscris sur l'ordinateur de la classe (environ 15 mn)
Retour au groupe pour dire les brevets validés (3 mn) car certains ont tendance à passé un brevet déjà validé précédemment. Cela permet de corriger cela.
Le travail autour des brevets se fait aux moments de Travail personnel (TP ou TI pour d'autres). Dans le plan de travail peut être inscrit le travail "apprendre à " . C'est un temps de travail entre deux enfants où l'un apprend à l'autre. Ce qui permet ensuite de passer un brevet.
Chaque travail de la classe personnel ou individualisé trouve une validation dans un brevet (enfin... c'est en cours)
Ensuite au moment de TP chaque enfant peut venir devant l'ordinateur consulter son arbre et ceux croisés de ses copains pour savoir ce qu'il peut leur apprendre....
Fin du message --------- J'attends vos commentaires....
Christian Chopart
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j'attends mes fichiers PEMF pour commencer une vraie 1ère année de TI, et je ne me sentais pas le courage de commencer les brevets la même année. J'ai trouvé un bon compromis avec l'outil "différencier sa pédagogie en maths au cycle 3" (numération et calcul) chez Hachette Education, collection l'école au quotidien. Ils utilisent un système de feux verts, que l'on obtient après une évaluation. Un tableau de tous les feux à avoir normalement en fin de cycle 3 est affiché en classe avec les noms des gamins ( à double entrée donc), chaque gamin a aussi un tableau personnel. Les feux se passent librement. Ca me semble être bien pour un début vers les brevets. La même chose existe en français.
Je piaffe d'impatience en attendant mes fichiers. Pour l'instant, je pratique le QDN quotidiennement, le conseil de classe, le TL, le permis de conduite, inspiré de celui de Jean-Marc ( 6 brevets graduels) qui donne des droits aux enfants qui ont un comportement permettant la confiance, les droits s'acquérant ou se perdant, le brevet le plus dur à avoir donnant le plus de droits.
Pour l'instant c'est tout.
Valérie, CM2
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Bjr Valérie
Les brevets, tels que nous les pratiquons et qui pour ma part, ont été une étape avant de passer aux arbres de connaissance (c'est pour bientôt), ne sont pas si "compliqués" à mettre en place. Il te suffirait peut-être de partir de l'un des livret de brevets que certains d'entre nous ont mis en place, pour sélectionner ceux qui te seraient utiles.
L'atelier "brevets", à mon avis, doit avoir lieu pendant le stage du 11/11. Beaucoup au sein du groupe ont déjà une approche des brevets, même si tous ne les utilisent pas en classe. Il suffit de peu de choses pour franchir le pas et deux mois après la rentrée, après avoir soufflé pendant les vacances :-) cela peut démarrer (?)...
Pour terminer, le "pour l'instant c'est tout" est particulièrement savoureux. As-tu conscience que tu entames "seulement" ta deuxième année d'enseignement ? Tu as déjà plusieurs longueurs d'avance sur bon nombre de collègues....
Bises
Philippe Lamy
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Question difficile que celle des brevets...
Succinctement, et à ce moment de ma réflexion je dirais ceci:
Les brevets tous azimuts dans une classe est une situation aboutie, gérable
par ordinateur (lisspec ou les arbres) car ingérable autrement sans doute
(?) et qui permet une véritable vie/active de l'apprentissage en décalage
total avec les ambitions et les pratiques insufflées par l'Educ.Nat.
Et c'est bien !
Néanmoins il ne faut pas que ces arbres là nous cachent la forêt, ah, ah,
ah.
Avant d'en arriver là, il me semble nécessaire de prévoir des garde-fous
tout comme nous le faisons dans bien d'autres domaines (TL, Conseils,
Conférences d'enfants...)
Pour avoir moi-même essayé les brevets judo, scoubidoux et pâte à tarte dans
mes classes passées, il m'est vite apparu que ces brevets si tentants qu'ils
soient pour faire entrer la Vie dans les apprentissages, n'ont aucune
passerelle avec l'évaluation des matières "scolaires" y compris au sein
d'une pratique Freinet utilisant les TL, Méthode Naturelle, atelier
bricolage...
En clair, on ne peut pas attendre des enfants qu'ils nous soumettent des
brevets "scolaires" nous permettant de rassurer parents, enseignants,
inspecteurs et...soi-même.
Aussi il me semble qu'un corpus de Brevets de base, incontournables, en
Lecture, Maths et Production d'écrit, pourrait permettre à quiconque de
rentrer plus aisément dans ce maelström que sont les brevets et échanges de
savoirs.
Dans cet esprit, Cécile THIERY et moi-même travaillons depuis le printemps
dernier à des brevets accompagnés de leurs documents d’entraînement et de
passation.
En fait les listes de brevets sont innombrables au sein des enseignants
Freinet, la difficulté est toujours de le greffer à la vie de sa propre classe car les items sont nombreux et spécifiques.
D'autre part ces brevets sont en général totalement dissociés du document de
travail qui les a vu naître et encore plus du document permettant de les évaluer.
Aussi cette trilogie "brevet/entraînement/passation" nous parait-elle indispensable.
Enfin, les variations sur les items étant infinies nous cherchons à en extraire la substance afin de ne "breveter" que l'essentiel (le minimum?)
cela afin d'assurer une évaluation transitoire, le temps que la vie de la
classe et surtout l'assurance de l'enseignant permettent un fonctionnement
total en échanges de savoirs.
Ces documents en rodage dans nos classes en ce moment, seront consultables le 16 janvier à Mauregard. Ils pourraient être un point supplémentaire
possible à une recherche au sein du GEPEM.
Voilà ma position à ce sujet, à vous lire pour faire tourner... la roue, bien sûr !
Jean-marc MARCELINO
Classe unique de Mauregard
77990
Seine et Marne
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Christian répond à Jean Marc
Les brevets tous azimuts n'existent pas, les enfants ont tous leur propre appropriation du savoir, et ils ne font pas n'importe quoi. Je réfute donc le terme de "tous azimuts".
D'autre part, il ne peut exister d'ITEM à un brevet puisqu'il est lui-même le brevet. Si on ne s'entend pas là dessus: un brevet est une chose évaluable. Nous aurons un dialogue de sourd comme au congrès de Grenoble en 1981.
Puisque la roue doit tourner, on ne peut pas reprendre les erreurs du passé et faire table rase des impasses ou on conduit certaines recherches dans le domaine de l'évaluation au sein du mouvement Freinet.
Au congrès de grenoble (81) Bernard Monthubert avait dit à l'issus des travaux de la commission évaluation, si c'est celà alors , il vaut mieux ne pas avoir d'évaluation.
Heureusement, des recherches ultérieures grâce aux arbres de connaissances ont permis de sortir de cette impasse et dessiner dans le monde de la Pédagogie Freinet une évaluation possible en rapport avec ses valeurs.
Au congrès de Rennes ce Bernard Monthubert était vivement intéressé par cette approche de l'évalution via LISSPEC.
Ceci pour dire que l'on ne peut pas rester le nez dans le guidon et ne lire que les BO, instructions officielles, les programmes nouveaux toujours.
Il faut que l'on regarde , nous même pédago Freinet, de quoi ont besoin les enfants pour évoluer de plus en plus.
Des gardes fous sont bons pour permettre à un instit attaqué de toute part de se justifier vis à vis de....
On ne peut avoir de visée éducative uniquement dans la paranoïa et la défense de son métier...
On doit viser plus haut...
Enfin c'est ce que je crois, puisqu'en 35 ans de carrière je me suis aperçu que je pouvais lire les BO qui me racontaient ce que j'avais fait 10 ans ou plus auparavant, certes avec des vocables différents....
Notre métier, c'est auprès des gamins, pas dans les BO et les ministères. La norme est celle que nous voulons bien accepter.
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Christian.Chopart@wanadoo.fr
Ville nouvelle de Sénart 77
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Un échange des plus intéressant s'amorce sur les brevets et j'approuve
totalement la démarche de Christian d'insister sur une définition des
brevets. Il est de bon ton, surtout dans l'Education Nationale, de prendre
un mot ou une technique et d'en pervertir le sens. Cela mène le plus souvent
à une confusion qui finit par faire dire à certain que tout se vaut...
Les brevets ne sont pas des évaluations, ils ne sont pas des contrôles,
certes mais.. .le livret de brevets est-il seulement la somme des compétences ? Un livret de brevets est-il la même chose (...n'est-il...)
qu'un livret de compétences (discussion ce matin entre Philippe Jorand et moi pendant une concertation)
Est-on en droit de limiter les brevets à une fonction scolaire et de ne les lier qu'à des items des programmes. Ne sont ils aussi qu'un moyen détourné, en acceptant des brevets non scolaires, à faire plus facilement accepter par
les enfants les brevets scolaires ?...
Sont-ils un véritable outil de rupture ?...
Je planche de mon côté...
A vous lire
Philippe Lamy
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Merci Jean Marc et Christian pour vos analyses, remarques et questions en cours sur les brevets qui alimentent les nôtres.
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D'accord avec Christian. Nous avons toujours une longueur d'avance et ce
sont les IO, parfois sans nous nommer, qui essayent de nous rattraper.
Notre but n'est pas d'adapter les programmes en y plaquant nos mots, de
reprendre les brevets pour faire des évaluations...
J'ai participé en compagnie de Philippe Jorand à ma première liaison CM2/6è,
avec des profs (intéressants) de Villemomble. Il se trouve qu'après un
échange argumenté sur les évaluations 6è et l'observation d'exercices
proposés, il était évident que les réponses apportés par les enfants étaient
intelligentes, cohérentes, pleine de "bon sens", mais non prises (ou peu) en
compte dans la grille d'évaluation. A contrario, c'était les énoncés ou
consignes qui étaient incohérents et inappropriés.
Et pourtant la réponse intelligente était comptée fausse et pouvait laisser
penser que l'enfant était en difficulté et pouvait basculer dans l'échec. Il
était donc nécessaire de proposer une remédiation...à l'enfant et non au
rédacteur de l'énoncé.
La conclusion s'imposait d'elle-même. Notre métier ne s'avérait qu'être la
volonté de formater, de standardiser les enfants afin qu'ils n'apportent à
un problème que le réponse attendue.
L'évaluation "éducation nationale" n'est que cela. Elle évalue la capacité
de l'enfant à se standardiser, à se formater à la réponse voulue. Aucune
création, aucune initiative, aucune découverte, le prix à payer pour
franchir les obstacles du parcours scolaire n'étant que l'amputation d'une
partie de soi, de ses capacités, de son humanité...
Et les brevets dans tout cela ?...
Le terme brevet a son importance, puisque selon le dico il s'agit "d'un diplôme ou certificat délivré sous le contrôle de l'État (!) et attestant
certaines connaissances ou conférant certains droits".
On dépose un brevet, on passe un brevet, celui-ci attestant d'une connaissance, d'une compétence, d'une connaissance. On ne passe pas un
compétence, une connaissance... Être détenteur d'un brevet "confère certains droits", celui d'explorer les chemins de la connaissance, de se découvrir porteur de savoirs. L'enfant qui dépose un brevet est dans l'initiative. En tant que breveté, il porte à la connaissance de la communauté qu'il "sait" et que tout à chacun peut savoir et que lui peut leur apprendre. Le brevet ouvre des portes, l'évaluation les ferme...
Philippe Lamy
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Brevet ou compétence ?
Il semble, en effet, tout à fait nécessaire de faire une mise au point quant à la définition des brevets et à la dénomination de l'outil qui les rassemble que ce soit un livret ou un logiciel (Gingo par exemple).
Il est de bon ton surtout au sein d'esprits polémiques de s'emparer d'un mot et d'en modifier le sens afin d'y estampiller un label " Freinet " par exemple_ tous les mots sont du domaine public_ Les brevets ne sont pas des évaluations ; cela peut s'entendre quoi que… Ils ne sont bien évidemment pas des contrôles ! Aux termes " livret de brevets ", je préfère les termes de " livret de compétences ".
Le brevet, nous disent les encyclopédies ou dictionnaires, est un titre délivré par une autorité (publique) conférant à son titulaire le droit exclusif de son invention ou encore c'est un diplôme ou certificat délivré après examen par " l'état " sanctionnant des études, attestant certaines aptitudes et donnant certains droits.
La compétence nous disent encore les dictionnaires, sont des capacités reconnues _sous-entendu par le groupe dont fait partie l'individu_ en tel ou tel savoir, savoir-faire, savoir-être, scolaire ou non et qui donne le droit d'en juger.