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UNDERSTANDING CULTURAL DIFFERENCES
Germans, French and Americans
Edward T. Hall Mildred Reed Hall

Comprendre les différences culturelles : Allemands, Français et Américains

Ce livre m'a été envoyé par William Lee, un professeur en sciences de l'éducation à l'université de Los Angeles.

A ma connaissance, il n'a pas encore été traduit en français. Il présente les différences culturelles entre trois peuples : Allemands, Français et Américains. A l'origine, ce livre a été écrit à l'intention d'hommes d'affaires américains afin de leur permettre de mieux comprendre les spécificités culturelles françaises et allemandes pour mieux organiser leur business.

La 1ère partie traite de concepts-clés : messages lents et rapides, contextes "hauts" et "bas", espace personnel, temps monochronique et polychronique.

LES CONCEPTS CLES

Messages lents et rapides

D'après Hall, la culture peut être comparée à un ordinateur extraordinaire et complexe qui programme les actions et les réponses.
Les messages : Afin de mieux communiquer, il faut trouver la vitesse appropriée du message.

Quelques exemples :

Messages rapides : familiarité facile, propagande, dessins animés, manières, communiqué TV...
Messages lents : poésie, livre, culture, écrit, relation profonde...

Par essence, une personne
est un message lent.
Cela prend du temps de bien connaître quelqu'un.

Contextes haut et bas

Le contexte est l'ensemble d'informations qui entourent un événement, qui est étroitement lié à la signification de l'événement. Les éléments qui concourent à donner une signification à un événement sont en différentes proportions selon les cultures. Le contexte haut relevé est celui où la plupart des informations sont déjà dans la personne, pendant que peu d'informations sont transmises dans la partie explicite, codée, du message. Un contexte bas de communication est le contraire : une grande masse d'informations est transmise dans le cadre explicite.

Les Japonais, les Arabes et les peuples méditerranéens, qui ont des réseaux d'information parmi leur famille, leurs amis, leurs collègues et leurs clients et qui sont impliqués dans des relations personnelles avec des proches communiquent avec un contexte élevé.

Par conséquent, dans la plupart des transactions normales, dans la vie quotidienne, ils n'ont pas besoin d'une information explicite de fond. C'est parce qu'ils savent déjà à peu près tout ce qu'ils ont à faire avec les personnes importantes dans leur vie.

Les Américains, les Allemands, les Suisses, les Scandinaves et autres Européens du Nord sont des peuples à contextes bas. Ils compartimentent leurs relations personnelles, leur travail, et beaucoup d'aspects de leur vie. A l'intérieur de chaque culture, bien sûr, il y a des différences individuelles spécifiques dans le besoin de contexte (le niveau de contexte attendu dans la communication). Mais il est intéressant de connaître le niveau sur l'échelle du contexte de chaque pays pour savoir en quoi il peut influencer chaque personne.

Les personnes à contexte élevé ont tendance à s'irriter quand des personnes à contexte bas insistent pour obtenir des informations dont ils n'ont pas besoin. A contrario, les personnes à contexte bas sont perdues quand des personnes à contexte élevé ne leur fournissent pas assez d'informations.

Un des grands défis
de la communication dans la vie est de trouver le niveau
de contexte approprié
à chaque situation.

Les Américains, bien qu'ils ne soient pas du tout prétentieux et d’un abord simple, ressentent le besoin d'une information détaillée dans différents secteurs, chaque fois qu'ils ont besoin de prendre une décision ou de faire quelque chose. Leur approche de la vie est tout à fait segmentée : ils ont besoin de savoir de quoi il retourne dans un secteur avant de s'engager. Les réseaux américains sont limités en comparaison des réseaux français, espagnols, italiens et japonais.

Espace

Chaque personne autour d'elle a une bulle invisible d'espace qui s'étend et se contracte selon un certain nombre d'éléments : la relation des personnes environnantes, l'état émotionnel, l'arrière-plan culturel et l'activité qui se déroule. Peu de gens sont autorisés à pénétrer cet espèce de territoire mobile et ceci pour de courtes périodes de temps. Des changements dans cette bulle d'espace peuvent rendre les gens mal à l'aise ou agressifs.

 

En Europe du Nord, les bulles sont très larges et les gens gardent leurs distances. En France du Sud, Grèce, Espagne et Italie, les bulles se rétrécissent si bien que la distance perçue comme intime dans le Nord est celle d'une conversation normale dans le Sud.

Les êtres humains au cours de leur vie intègrent des centaines d'indices spatiaux. Ils s'imbibent de la signification de ces indices, comme du lait de leur mère, dans le contexte de leur propre culture. Comme la plupart des gens ne pensent pas que la distance personnelle est un modèle culturel, les indices spatiaux étrangers sont presque inévitablement mal interprétés. Quand un étranger apparaît agressif, froid ou distant, cela peut vouloir dire seulement que sa distance personnelle est différente de la nôtre.

Temps

Temps monochronique et polychronique

Le temps polychronique veut dire que l'on est impliqué dans beaucoup de choses à la fois. Le temps monochronique signifie que l'on ne fait attention qu'à une seule chose en même temps. Comme l'eau et l'huile, les deux systèmes ne se mélangent pas.

Dans les cultures monochroniques, le temps est ressenti et utilisé d'une manière linéaire, comparable à une route qui s'étend du passé au futur. Le temps monochronique est divisé naturellement en segments ; il est planifié et compartimenté, permettant à une personne de faire une chose à la fois.

Le temps monochronique est perçu comme tangible. Les gens en parlent comme si c'était de l'argent, comme quelque chose qui peut être "dépensé", "sauvé", "gaspillé" et "perdu". Les gens gouvernés par le temps monochronique :
- n'aiment pas être interrompus
- ne font qu'une chose à la fois
- se concentrent sur leur travail
- prennent des engagements en temps sérieux (planning)
- ont un contexte bas et ont besoin d'information
- suivent religieusement leurs plans
- ne veulent pas distraire les autres
- suivent les règles de vie privée et de considération
- montrent un grand respect pour la propriété privée
- empruntent ou prêtent rarement
- sont habitués à des relations à court terme.

Les peuples et gens polychroniques
- font beaucoup de choses à la fois
- se laissent facilement distraire et pratiquent les interruptions
- ont un contexte élevé et ont déjà l'information
- sont engagés envers les gens et les relations humaines
- changent de plans souvent et facilement
- se sentent plus concernés par ceux qui leur sont proches (famille, amis, associés proches en affaires) que par un cercle de relations plus éloignés
- prêtent et empruntent les choses souvent et facilement
- ont une forte tendance à bâtir des relations pour la vie.

Les gens polychroniques vivent dans une mer d'informations. Ils sentent qu'ils doivent répondre à la minute à tout et à tout le monde, que cela soit pour des affaires ou pour des raisons personnelles, et ils subordonnent rarement leurs relations personnelles à des exigences de budget ou de planning.

Le temps comme communication

Aussi sûrement que chaque culture a son langage parlé, chacun a son propre langage de temps. Pour fonctionner de manière effective en France, en Allemagne, aux Etats-Unis, il est essentiel de connaître et utiliser le langage local du temps.

Tempo, rythme et synchronie

Le rythme est un aspect du temps intangible mais important. Le rythme lie les gens d'une même culture, mais aussi peut les séparer de membres d'autres cultures. Dans certaines cultures, les gens évoluent très lentement ; dans d'autres, ils évoluent rapidement. Quand des gens de 2 cultures différentes se rencontrent, ils peuvent avoir des difficultés relationnelles parce qu'ils ne sont pas synchrones. C'est important parce que la synchronie, la subtile capacité à avancer "de pair" est vitale à tous les efforts pour collaborer.

En France, si la relation est importante, on accordera du temps quand une personne arrive, que cela ait été notifié à l'avance ou non. Aux Etats-Unis et en Allemagne, le temps accordé peut être interprété comme un indicateur de l'importance relative de l'affaire qui est à conduire, ainsi que du statut des individus concernés.

Dans ces pays, un délai de 2 semaines minimum est nécessaire pour demander un rendez-vous. La manière dont le temps est traité par les Américains montre l'attitude, l'évaluation des priorités, le statut et l'humeur.

Seules les personnes qui ont un statut élevé peuvent se permettre de faire attendre sans que cela soit ressenti comme une insulte. Faire attendre les autres peut être un rejet délibéré, un signal qui montre que l'individu est très désorganisé ou qu'il ne peut se tenir à un emploi du temps. Dans des cultures polychroniques comme celle de la France ou des pays hispaniques, aucun message de la sorte n'est exprimé.

 

 

 

 

La deuxième partie du livre
est divisée en 3 chapitres :
les Français, les Américains,
les Allemands.

LES FRANCAIS

Certaines descriptions m'ont parues assez proches de la réalité, au niveau de la description des Français. D'autres m'ont semblées relever du lieu commun. Voici quelques images que j'ai choisi de présenter.

Les Français sont attachés à leur passé. "Peut-être que la France ne pourrait être devenue le grand , attachant, et admirable pays qu'elle était et est encore (en beaucoup de points, la lumière du monde), si elle avait était habitée par un peuple uniforme, quelconque et docile. La diversité à l'intérieur de la France a contribué à sa créativité et son équilibre. "

Un grand passage est réservé au minitel. Encore en 1977, seul un quart des maisons françaises avait le téléphone. Alarmé par les lacunes dans la technologie et le service du téléphone, le président Giscard d'Estaing fit de l'amélioration du service du téléphone une priorité. Le minitel en est le résultat. En 1987, la France avait 24 millions d'abonnés au téléphone. L'impact du minitel sur la société française est rien de moins qu'une révolution. Les messageries sont une réponse à une certaine société. Un des problèmes de cette société est qu'on y enseigne aux gens à n'être pas seulement méfiants envers les étrangers, mais aussi soupçonneux envers les amis. Un ensemble de corvées, de rituels et de règles régulent la plupart des activités. Le minitel offre la liberté d'exprimer des idées et des émotions sans risque (lorsque l'on prend un pseudonyme). On n'a plus besoin d'avoir peur de la hiérarchie (sociale, économique et académique). On peut expérimenter et se sentir libre.

Les engagements

Seuls les engagements écrits lient les français. Si vous voulez être sûr de quelque chose, faites-le écrire. Ne prenez jamais d'engagement verbal ou par téléphone parce que les Français peuvent très bien changer d'avis.

La France est un pays divers et intéressant avec un grand passé et beaucoup d'autres centres que Paris. Il y a des différences régionales significatives...

LES AMERICAINS

Les deux-tiers des avocats du monde pratiquent aux Etats-Unis. Il y a un avocat pour 353 Américains et les litiges sont devenus une manière de vivre. L'approbation et la popularité sont des fortes motivations chez les Américains qui ont un besoin profond d'être acceptés et aimés. Un autre des grands paradoxes de la culture américaine est le conflit entre la conduite pour la popularité et la conduite pour le succès. Ceux qui veulent "arriver", grimper dans une carrière, font un choix : de par cette option, ils se trouvent isolés en se rendant impopulaires.

Les Américains n'épargnent pas sauf pour l'éducation de leurs enfants. Cependant, ils peuvent être très généreux pour les oeuvres de charité.

L'éducation

Une des grandes différences entre les Etats-Unis et les pays européens est la qualité du service public d'éducation.

Les programmes de l'école publique moyenne américaine insistent trop sur la mémorisation et encouragent l'expression verbale mais n'entraînent pas l'expression écrite. Il est généralement admis que la qualité du service public a décliné de manière marquée ces dernières décennies. Il y a beaucoup de raisons à ce déclin qui reflète de plus vastes problèmes de la société et de la culture américaine.

Les résultats de l'éducation en école publique américaines sont montrés dans des études et des comparaisons. Parmi 20 pays industrialisés, les étudiants américains se placent à la 18 ème place dans les tests mathématiques, et pas plus haut que 10 ème dans les autres.

16% des adultes blancs, 44% des Noirs et 56% des personnes nées en pays hispaniques sont soit complètement, soit partiellement illettrées. Ce qui est le plus choquant : les USA atteignent le 49 ème rang parmi les 148 membres des Nations-Unies dans le degré d'instruction ou d'alphabétisation. Malheureusement, il y a un déficit d'enseignants qualifiés et expérimentés. Les enseignants sont peu payés en comparaison des autres professions, et leur statut social est bas en comparaison de leurs collègues Européens.

Les bas salaires et les démarches bureaucratiques envahissantes demandées aux enseignants font de l'enseignement une carrière non attractive pour beaucoup d'Américains. Les résultats sont des classes surchargées et peu d'attention individuelle accordée à chaque élève.
Un autre problème très sérieux dans le système scolaire américain est l'usage de drogue. Il y a quelques programmes de communautés ou du gouvernement pour combattre l'usage de la drogue, mais cela reste le problème majeur.

L'insatisfaction avec les écoles publiques américaines a conduit beaucoup de familles de la classe moyenne à envoyer leurs enfants dans des écoles confessionnelles, dans l'espoir de leur donner une meilleure éducation. La plupart des écoles privées et confessionnelles ont des standards plus élevés et insistent sur les devoirs à la maison. Il y a moins d'élèves et le recrutement est habituellement plus sélectif.

Il manque actuellement la partie traitant des Allemands.

Je pense que certaines des informations contenues dans ce livre peuvent être utiles, et qu'il faut bien sûr se garder de trop généraliser. En effet, il y a toujours des personnes ne correspondant pas aux descriptions , et une généralisation pourrait être abusive, voire dangereuse. Certaines idées peuvent servir pour établir une meilleure communication entre personnes de cultures différentes.

compte-rendu de Florence Saint-Luc
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