De BT Image à Photimages :
Des outils pour découvrir, s'exprimer, aborder l'écrit
Dérivés des coffrets BT Image, les nouveaux albums Photimages regroupent des photos présentant des collections d'objets, des séquences diversifiées de la vie des animaux (naissance, repas, défense, etc.) ou des hommes, des étapes de la fabrication de divers produits familiers aux enfants (pain, lait, etc.), le rythme des saisons, etc.
Avec l'aide de l'adulte, l'enfant va pouvoir, grâce à ces images soigneusement sélectionnées, observer des animaux en situation, découvrir divers aspects de l'environnement, mettre de l'ordre dans la représentation qu'il se fait de certaines situations et phénomènes de la vie de tous les jours.
Les images, souvent chargées d'affectivité, feront réagir les plus jeunes, provoquant ainsi leur parole.
« L'enfant est dans la classe, il participe à un atelier, il effectue une enquête, commente une affiche, regarde un livre, écoute un récit, etc. « (...)
« Habitués dès la petite section aux albums et aux livres, puis aux sources documentaires, aux textes écrits sous leur dictée par le maître et à toutes sortes de travaux relatifs à l'écrit, les enfants ne cessent de « conquérir la lecture »(...)
Orientations pour l'école maternelle, Les cycles à l'école primaire, p. 82, 83.
CNDP/Ed. Hachette.
pour un même sujet :
un album de 24 pages, couverture cartonnée, ainsi structuré : une photo sur sa page de droite précédé d'un court texte sur sa page de gauche.


accompagné d'une affiche (format 38 x 40) reprenant 8 des photos de l‘album (fixée dans la couverture intérieure de l'album à l'aide d'une colle à maquette, l'affiche peut être séparée de l'album sans difficulté).

Photimages est la transformation éditoriale des coffrets BT Image qui regroupaient à l'origine 12 sujets proposés à l'achat en version livrets ou en version affiches.
• première
série (12 sujets) :
le chat, le chien, les abeilles, les
fourmis, le pain, le chocolat, le lait, la gare, l'aéroport,
le cirque, la neige, la mer.
• deuxième
série (12 sujets) :
l'enfant du désert, les enfants
du monde, l'éléphant, le cheval, les animaux et
l'hiver, les nids, l'arbre, la montagne, les pompiers, le port,
l'autoroute, le marché.
• troisième
série (12 sujets) :
paysages, une lettre à la
poste, fleurs fruits graines, les petits des animaux de la ferme,
naissance dans la basse-cour, animaux sauvages, métamorphoses,
l'automne, la rainette, en ville, carnaval, des maisons.
Ces sujets sont destinés à être repris sous leur nouvelle forme Photimages qui permet un achat au numéro. À mesure des parutions, la classe disposera d'un ensemble documentaire de plus en plus riche pour répondre aux centres d'intérêts des enfants.
Le format affiche a l'avantage de permettre à un groupe d'enfants de voir en même temps les images et de confronter, en groupe, ce qu'ils voient. L'entraide est alors effective et ceux qui comprennent mieux, aident les hésitants. Tous ne voient pas non plus la même chose en fonction de leur vécu ou de leurs intérêts du moment et les échanges sont fructueux, enrichissants sur le plan du vocabulaire pour ceux qui n'ont pas le privilège d'avoir un riche bagage langagier.
Observer finement les photos sur l'affiche, les comparer, chercher le livret correspondant sont autant d'activités qui vont développer la mémoire visuelle des enfants, aptitude dont ils ont besoin pour appréhender la lecture, chercher du sens.
Dans de nombreuses classes, la journée commence par un moment collectif durant lequel les enfants parlent des petits événements de leur vie en dehors de l'école. Souvent ils présentent, à ce moment-là, des objets qu'ils aiment ou qui ont éveillé leur curiosité. L'affiche ou le livre viendront souvent à propos pour illustrer une trouvaille ((un papillon mort), répondre à une question (comment fait-on le lait ?), prolonger un plaisir et enrichir le vocabulaire (on m'a donné un petit chien...).
Ce type d'entretien peut se situer également au retour de la récréation, si les enfants ont fait des trouvailles qui les intriguent : chrysalide de papillon, petits insectes, etc.
Un tour de parole s'instaure que certains enseignants matérialisent par un petit bâton que se passent les enfants : dès qu'on a fini de parler, on passe le bâton à un autre enfant et on ne parle que lorsqu'on tient le bâton.
L'observation d'une affiche peut déclencher l'envie de mettre en place une activité liée ou pas au projet de la classe ( fabriquer du pain, par exemple) ou inciter à sortir de la classe pour réaliser une petite enquête (aller au marché ou visiter une ferme, etc.). Mais la séance d'observation de l'affiche peut survenir aussi a posteriori, une fois l'enquête terminée, pour profiter de l'intérêt manifesté par les enfants dans le domaine étudié.
« Afin de susciter le dialogue, le maître privilégie des actions individualisées ou faites par de petits groupes. Il s'appuie sur les interactions qui surviennent par le langage entre les enfants. Le travail sur la langue devient ainsi plus efficace et les enfants étendent leur pouvoir de communiquer. »
Les cycles à l'école primaire, p. 82.
Lorsque la classe éclate en petits groupes pour des activités diversifiées, l'adulte travaille alors avec un groupe restreint d'enfants sur le thème du moment. Prenons par exemple le thème des abeilles : tandis que certains enfants font des dessins ou découpent des images ou photos d'abeilles qu'ils colleront sur des feuilles, l'adulte profite de ce moment privilégié pour présenter l'affiche correspondante et faire parler les enfants qui l'entourent. Ceux-ci posent des questions, discutent, parlent de ce qu'ils connaissent.
L'affiche permet, pour certains sujet, une présentation séquentielle : les enfants ont ainsi sous les yeux EN MEME TEMPS les diverses étapes d'une évolution (naissance dans la basse cour, croissance des arbres, etc.)
L'adulte peut les inciter à trouver une phrase par image sans utiliser forcément celles qui sont proposées. L'une de ces phrases pourra alors être écrite au tableau simplement parce qu'elle plaît à un grand nombre d'enfants. À l'âge des premiers essais en écriture, cette phrase peut être recopiée sur une feuille.
L'affiche de BT Image étant destinée à un usage plus collectif, il est important que le jeune enfant puisse compulser tout seul les images qu'il a aimées ou qui lui rappellent un vécu commun.
Les livres sont là pour jouer ce rôle. Si l'enfant en prend un après la séance collective, il se remémorera peut-être ce qui a été dit, rêvera, imaginera en toute quiétude et liberté. Le livre met les images à sa portée. Il peut s'attarder sur celles qu'il préfère. Cela peut lui permettre aussi d'aller renouer le dialogue avec l'adulte ou avec un camarade.
Nombreux sont les moments où l'enfant a le temps de prendre un petit livre pour le regarder : au coin-lecture, à la BCD, à sa place quand il a terminé une activité, pendant la sieste chez les tout-petits...
Si, dans ces moments, l'adulte trouve le temps de s'asseoir près de l'enfant, il parle avec lui de ce qu'il voit et écoute les phrases qu'il prononce au sujet de certaines images.
Ces phrases, transcrites sur un cahier, seront le reflet du bagage langagier de l'enfant, de son vécu. Elles prendront place à côté d'autres phrases ou dessins de l'enfant collectés à d'autres moments et l'ensemble constituera le « livre de vie » de l'enfant.
L'analyse, en petit groupe, de la couverture, du titre, de l'image d'un petit livre, la comparaison des photos qu'il contient avec celles de l'affiche, constituent des exercices très formateurs dans le domaine de la connaissance du livre.
Ensemble, on peut identifier les mots familiers, les retrouver au fil des pages et, pour les plus grands, chercher la phrase du livret qui correspond à celle de l'affiche. Autant de prises d'indices et d'émissions d'hypothèses propres à aider les enfants dans leur appréhension de la lecture.
Les enfants un peu plus grands peuvent avoir envie de constituer, avec l'aide de l'adulte, des petits livres du même type à partir d'images qu'ils sélectionneront dans des catalogues ou de vieux magazines.
« Un enfant avait apporté des images de manchots empereurs. Nous les avons regardées et nous nous sommes interrogés.
Nous avons entrepris une recherche de documentation dans la BCD de l'école et à la maison. Les documents recueillis venaient de supports variés souvent de gros livres encombrants et difficiles à manipuler et qui ne nous appartenaient pas. J'ai photocopié les pages sélectionnées pour leurs illustrations. Nous avons rédigé des commentaires (frappé à l'ordinateur et utilisés comme supports de jeux de lecture chez les moyens). Finalement, nous avons réalisé un album.
C'est à l'issue de ce travail que j'ai présenté la collection des livrets BT Image et aussitôt, bien sûr, les enfants ont su se les approprier. Chacun a choisi un thème, l'a regardé et présenté aux autres.
Depuis, ils sont consultés dans la bibliothèque de classe comme d'autres albums narratifs ou documentaires. Ils sont plus facilement accessibles que les documents de la BCD : géographiquement, puisqu'ils sont en classe, mais aussi intellectuellement, puisque tout (ou presque) est compréhensible dès 3-4 ans.
J'utilise l'affiche pour des exploitations plus collectives. Puis je la laisse quelques jours, pas plus, car ensuite elle ne suscite plus guère de commentaires spontanés.
Nous pourrions aussi nous référer aux livrets mais c'est encore assez rare vu le petit nombre de numéros. Qu'à cela ne tienne, nous avons aussi fait un album sur les lions et d'autres vont suivre.
Tous les livrets ne sont pas égaux. Certains sont faciles (ex. le chat, dans lequel le texte est presque redondant avec l'image).
Pour d'autres, la médiation de l'adulte est nécessaire et fructueuse (ex. le chocolat, qui grâce à une complète découverte permet de mettre des mots nouveaux sur des images inconnues).
L'essentiel de ces activités est mené par le noyau de moyens (dix enfants) mais les projets d'albums sont préparés par tous et l'après-midi, les moyens racontent aux petits, au sortir de leur sieste, le livret qu'ils se sont approprié auparavant. Le fait de demander aux enfants de restituer le livret auprès de leurs camarades me permet d'évaluer ce qu'ils ont retenu de leur découverte individuelle et/ou collective.
En prolongement, d'autres activités liées à la BCD me paraissent envisageables : par exemple, après la lecture de l'hiver, je pourrais leur proposer de rechercher dans la bibliothèque d'école d'autres livres sur ce thème. Où chercher ? Comment les repérer ? Néanmoins, je pense que ces livrets doivent rester dans ma classe pour une consultation libre, comme on feuilletterait un dictionnaire, ou pour une première référence de recherche précise (mais pour l'instant, il n'y en a pas assez pour couvrir les domaines d'intérêt d'une classe maternelle). Lorsqu'ils seront plus nombreux, un travail de repérage, de classification, sera également nécessaire.
Cet outil de classe favorise une démarche documentaire de proximité au service de projets et de lectures collectives comme d'une appropriation individuelle grâce à la dualité de sa présentation. »
A. Joyeux (95)
« BT Image répond à un besoin dans ma classe : permettre aux enfants, ou à l'institutrice, de trouver rapidement des documents à leur portée lorsqu'un intérêt apparaît dans la classe. Avant tout, l'image est un support documentaire privilégié pour les non-lecteurs.
Les livrets sont à la disposition des enfants à la bibliothèque. Ils savent qu'ils peuvent me demander l'affiche pour montrer aux autres leur découverte.
1ère étape : dans l'image, l'enfant trouve des informations de manière autonome.
Au coin bibliothèque, l'enfant échange avec ses camarades à partir d'un livret.
2ème étape éventuelle : il peut communiquer au groupe.
Parfois c'est moi qui apporte l'affiche en complément d'une discussion d'enfants ou d'un événement en classe.
Cette deuxième étape peut se dérouler dans des conditions idéales avec BT Image car les photos sont grandes, non imbriquées les unes dans les autres (ce qui perturbe beaucoup leur lisibilité pour les jeunes enfants) et le support affiche est évidemment le plus adapté à cette fonction.
3ème étape : la lecture des légendes
Celles-ci sont courtes et claires et c'est un grand avantage, car d'une part, je n'aime pas être amenée à dire autre chose que ce qui est écrit, et d'autre part, il est fastidieux de lire un texte destiné aux plus grands et de traduire ensuite.
De plus, cela permet un vrai travail sur une forme d'écrit qu'ils fréquentent peu : l'écrit documentaire.
Déroulement des deuxième et troisième étapes
Lorsque les enfants, ou moi-même, proposons une affiche à la classe ou à un petit groupe, il y a d'abord une observation : analyse de l'image, impressions, commentaires personnels, comparaisons avec des situations vécues, etc.

Le lendemain, je propose d'essayer de lire ensemble quelques légendes du livret. Je montre une page, ils reconnaissent l'image observée dans l'affiche et remarquent le texte. J'utilise alors une démarche habituelle dans la classe pour bien d'autres formes d'écrits : ils font des hypothèses, je note au tableau une ou deux propositions, puis d'une autre couleur je recopie à côté le texte dont nous voulons connaître le sens (ici, la légende). Les enfants comparent, trouvent bien sûr des éléments semblables qui, avec leur bagage de mots connus, leur permettent de s'approcher de la formulation employée dans le livret. Rapidement, je donne la solution et nous découvrons une autre image, une autre légende. Je procède ainsi, à raison de deux à trois pages par séance.
Peu à peu, les enfants pressentent la structure de cette nouvelle forme d'écrit et proposent des phrases de plus en plus proches du texte imprimé. »
E. Hérinx (06)
Nous avons longuement présenté ces deux témoignages de classes maternelles. Au CP, des démarches analogues sont poursuivies et approfondies qui montrent bien la grande souplesse d'utilisation de BT Image.
Dossier rassemblé par JC Saporito, documents et témoignages : M. Ribis, E. Hérinx, A. Joyeux.